Lettre à mon ami du PQ

Salut, Michel, J'ai appris que tu te présentais à nouveau aux élections provinciales comme candidat de Parti québécois. Je te souhaite bonne chance et j'aimerais vraiment que tu gagnes parce que je sais que tu es un honnête homme, que tu es fidèle à tes convictions et que tu mérites la confiance des électeurs.
Encore une fois, je vais voter pour toi. Par une sorte de loyauté. Parce que tu as été un camarade de classe dans notre tendre jeunesse. Mais je ne voterai que pour toi. Pas pour le PQ. Ton parti, parfois, j'ai de la misère à le suivre. Et pourtant, je suis souverainiste. Mou, c'est vrai. Mais souverainiste quand même.
Tu sais, je ne veux pas me vanter, mais ça prend un certain courage pour avouer être un souverainiste mou. Mais c'est une façon de m'éloigner des ultranationalistes, genre Falardeau, Biz et compagnie auxquels je ne voudrais pas être associés. Michel, quand je te dis que j'ai de la misère à suivre le PQ... Je te donne un exemple.
Quel deal avez-vous avec Pierre Karl Marx Péladeau? Parce qu'il y en a un. Nommé président d'Hydro-Québec. Il se présenterait aux élections, vous seriez à genou pour le remercier. Vous a-t-il promis de vous aider à faire l'indépendance du Québec en usant de son immense pouvoir dans les médias? PKMP, moi, je ne l'aime pas. Je sais à quel point le Québec l'admire. Pas moi. Pourquoi? Parce que je suis un travailleur qui s'est senti humilié comme se sont sentis humiliés ceux qui ont travaillé pour M. Péladeau au Journal de Montréal et au Journal de Québec. M. Péladeau qui s'est servi d'une brèche dans la loi anti-scab pour écraser le syndicat. Le maudit syndicat avec lequel il ne veut plus jamais négocier.
Ce n'est pas ma vision du PQ. D'autant plus que lorsque la question de moderniser la loi anti-scab a été soulevée pour permettre un rapport de force équitable, voici ce qu'a répondu, en substance, la ministre Agnès Maltais: «Non, non, on peut pas toucher à ça. On est un gouvernement minoritaire.» Ben là, il paraît que vous allez devenir majoritaire. Allez-vous toucher à la loi anti-scab? Je te donne la réponse tout de suite, Michel: non. Et maintenant la Charte. On ne l'attendait pas celle-là. Comme un cheveu dans la soupe.
Je ne sais même pas quoi en penser. Je ne sais même pas si j'ai envie d'y penser. Remarquez, moins il y a de religion, mieux on se porte. Mais est-ce que la question est vraiment là? Des penseurs, des amis autour de moi et même l'opposition à l'Assemblée nationale me disent que c'est surtout une stratégie électoraliste. Ma blonde, elle, dit que vous êtes ratoureux, Même un peu machiavélique. Je ne suis pas fou, je sais que Machiavel a toujours sa place en politique. Sur ce, Michel, je te répète que j'aimerais beaucoup que tu deviennes le député de ma circonscription. Tu en ferais un excellent, j'en suis sûr. Et si jamais il y a un référendum...
Amitiés,
Richard
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