L'acharnement thérapeutique

Dans une lettre au Devoir, Pierre Reid, député d'Orford, se félicite de ce que le projet de loi 52 permette à ceux qui le désirent d'éviter l'acharnement thérapeutique.
Mais pourquoi faudrait-il une loi pour l'autoriser et un formulaire de l'État pour y avoir droit en cas d'incapacité d'exprimer ses volontés? Encore de la bureaucratie et des dépenses publiques supplémentaires. L'idée est déjà légitimée par tous ceux qui travaillent en bioéthique et acceptée par beaucoup de médecins. Pour généraliser la pratique, il suffirait d'une reconnaissance publique de ce droit du malade, par exemple, dans une directive explicite du ministère de la Santé, une proclamation du Collège des médecins, entraînant une éducation des médecins (actuels et futurs).
En centrant sa lettre sur ce point, M. Reid détourne l'attention d'un sujet bien plus préoccupant du projet de loi 52, l'autorisation d'une forme d'euthanasie, car c'est bien de cela qu'il s'agit sous la dénomination fallacieuse d' «aide médicale à mourir». Or cette autorisation risque d'avoir une influence dommageable dans l'ensemble de la population sur le respect de la vie en général. Sans compter les possibilités de dérives comme on en note dans certains pays qui ont autorisé l'euthanasie. Plus on voudra mettre des balises, plus il y aura de coûts et de bureaucratie; plus encore il sera difficile de donner la priorité aux soins palliatifs comme le projet de loi le projette. Il y a là une incohérence malsaine. Bref, pour respecter le choix de quelques-uns, on risque de faire du tort à un grand nombre. On est loin de l'objectif du droit et de la social-démocratie. Le Québec n'est vraiment pas rendu là.
Guy Durand
Dunham