Des atouts indissociables de l'église Notre-Dame

L'église Notre-Dame reste au coeur des préoccupations du conseil municipal de Granby. Que faire de ce bâtiment patrimonial dont la Ville a fait l'acquisition sous l'administration Goulet avec l'espoir de le transformer en bibliothèque? Problématique pour l'ancien conseil, cela en raison des coûts à assumer, le dossier le demeure tout autant pour l'administration Bonin. Le projet de bibliothèque est voué à l'échec sans forte subvention et le Cégep, si intéressé soit-il par les alentours de l'église, dont le presbytère, le stationnement et les espaces verts, juge la facture de la transformation trop salée pour ses moyens. Cela alors que l'actuelle bibliothèque est trop petite pour desservir adéquatement une population de l'importance de la ville de Granby.
Il y a là tout un défi à relever parce qu'il faut résoudre le problème d'espace de la bibliothèque municipale, celui des besoins du Cégep de la Haute-Yamaska qui veut prendre de l'expansion et qui vient d'agrandir sa propre bibliothèque et, puisque tout le monde craint la facture, trouver le moyen de combler les attentes des deux sans se faire virer par les contribuables qui savent que la Ville a d'autres coûteux projets sur la table. En même temps, il faut trouver un usage, une mission acceptable pour l'église mère de Granby si celle-ci ne sert pas de maison vouée à la culture, que ce soit comme bibliothèque ou comme service de formation du Cégep.
Les membres du comité municipal de la culture ont amorcé leur réflexion. Ils sont divisés. Le maire croit, probablement avec raison, que le conseil doit d'abord décider s'il est d'accord pour transformer l'église en bibliothèque et signifier aussi s'il souhaite que ce soit au cours des prochaines années ou plus tard. Si c'est oui, pas question de chercher alors une autre vocation à l'église. Advenant un non, il faudra décider comment l'offrir et à quelles conditions. Ce qui, en supposant un non, laissera l'actuelle bibliothèque avec son problème d'insuffisance d'espace.
Le maire Bonin est sensible aux besoins du Cégep. Cela non seulement depuis son élection, car il parlait auparavant de l'expansion des services de cette institution. Il en fait du reste encore la promotion. Et la direction du Cégep manifeste elle-même son intérêt pour les alentours de l'église, dont le stationnement et le presbytère. L'institution obtiendrait du coup un appréciable accès, une fenêtre directe sur la rue Principale. Qui ne rêverait pas de pareils atouts? Non seulement comme institution d'intérêt public qui mijote des projets d'expansion, mais également comme investisseur.
Or, si dévoués soient-ils à la cause du Cégep, les élus et fonctionnaires feraient une erreur de dissocier l'environnement de Notre-Dame de l'église elle-même. Parce que le presbytère, le stationnement et les espaces verts sont justement des atouts qui confèrent une valeur à ce bâtiment patrimonial. Des atouts dont une bibliothèque aurait besoin et dont le Cégep aurait besoin également. Des atouts qui ne seraient pas moins importants pour offrir ce temple en vente advenant qu'il n'y ait pas d'autre solution. Qui pourrait bien vouloir d'un bâtiment sans espaces de stationnement? À moins de l'obtenir pour une bouchée de pain et de pouvoir sacrifier ce qu'il y a d'espace vert tout autour.
Difficile d'imaginer, avec les millionsà y investir, qu'une bibliothèque verra le jour à brève échéance dans l'église Notre-Dame. De même qu'il est difficile d'imaginer qu'on puisse un jour démolir ce bâtiment ou le transformer au point de le rendre méconnaissable ou encore le céder à une entreprise qui en ferait n'importe quoi. Granby a déjà trop vu disparaître d'éléments de son patrimoine. Mais, au fond, presse-t-il de décider dans les prochaines semaines de ce qu'on fera avec l'église Notre-Dame? Quelqu'un sait-il au moins ce que les gouvernements pourraient y mettre pour que les Granbyens jouissent d'une bibliothèque à la mesure de leurs besoins? Et quelle solution de remplacement a-t-on?
Pourquoi se presser et risquer de commettre alors des erreurs si nos élus sont divisés et ne disposent pas de toutes les informations requises pour prendre une décision éclairée?