Ceux qui résistent

LA VOIX DES LECTEURS / Madame Martel, Votre chronique sur l’aide médicale à mourir m’a fait conclure à l’immense limite de la raison humaine, de l’intelligence médicale à « faire son nid » sur cette épineuse réflexion qui n’en finit plus... d’agoniser.

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On la prolonge, l’interrompt pour en reprendre ensuite, et inlassablement, pour les uns, au nom de la morale, et les autres, au nom d’une foi religieuse.

Mais ce sont principalement ces précepteurs des milieux de l’éthique, de la psychologie et cie, qui demeurent, quant à moi, les plus féroces résistants à cette réflexion bien humaine et humanitaire, il faut se le dire.

Ce faisant, ils deviennent bourreaux cruels envers des malades victimes de santé mentale, condamnées à l’exil au sein de leur isolement physique et leur réclusion mentale. À croire que leur option sévère vise à se garantir une clientèle professionnelle par leur obsession à « maintenir debout » des patients effondrés dans leur conscience et dorénavant voués à vivre dans la pénombre d’une âme tarie et atterrée.

Tout en dénonçant les promoteurs de l’aide à mourir, ils semblent ignorer leur propre complicité — presque meurtrière — en laissant souffrir des êtres humains abandonnés dans leur maladie intérieure. Et, pourtant, ils tuent « à petit feu »...

Il y a là un comportement inhumain qu’il faut dénoncer et faire cesser.

Yvon Côté

Aidant naturel, Sherbrooke