Voitures électriques vs VUS

LA VOIX DES LECTEURS / Les feux sans précédent qui font présentement rage en Australie nous confrontent une fois de plus à la réalité bien avérée des changements climatiques. Le lien entre ce type de catastrophes naturelles qui surviennent partout sur la planète et l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) n’est plus à démontrer. Les scientifiques sont unanimes à déclarer que nous devons maintenir le réchauffement du climat en deçà du seuil critique de 1.5°C si nous voulons éviter un désastre généralisé à long terme.

Pour atteindre cet objectif, il faut réduire drastiquement nos émissions de CO2, soit de 85 à 90% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990, selon les dernières cibles fixées par le Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC).

Selon les données du ministère du Développement durable, de l’Environnement et le la Lutte contre les changements climatiques, au Québec, le secteur des transports représente la principale source de GES avec 43,3% des émissions totales de GES (données de 2017).

C’est aussi le secteur qui a connu la plus forte hausse d’émissions de 1990 à 2017, soit une augmentation de 23%. Bien sûr, on peut penser aux nombreux camions de marchandises qui circulent sur nos routes. Mais nos 5 millions de véhicules personnels contribuent également à ces émissions. Nous avons donc notre part de responsabilité à ce niveau et nous avons la possibilité de faire des choix plus écologiques.

J’ai été très étonnée d’apprendre que de 1990 à 2015, si l’accroissement du nombre d’automobiles au Québec a été de 17%, celui des camions légers (fourgonnettes, camionnettes et véhicules utilitaires sport) a, quant à lui, été de 215%!

Or, saviez-vous que les véhicules utilitaires sport (VUS) émettent 1,44 fois plus de GES qu’une automobile? Avons-nous vraiment besoin de ces gros véhicules énergivores et polluants pour nos déplacements quotidiens? N’est-il pas urgent de se tourner vers des solutions plus vertes?

Les voitures électriques gagnent en popularité au Québec, mais leur nombre n’atteint pas encore 1% du parc automobile. Et, selon l’Agence internationale de l’Énergie, « l’impact négatif des VUS sur le CO2 a été cinq fois plus important au cours de la période 2010-2018 que l’impact positif des voitures électriques. » 

Pourtant l’auto électrique représente une alternative de plus en plus intéressante avec une autonomie qui s’accroît et des prix de vente qui continuent à devenir plus abordables. Si on considère les subventions à l’achat accordées par les deux paliers de gouvernement et les économies réalisées sur l’essence et les coûts d’entretien à long terme, l’acquisition d’une auto électrique devient même aussi avantageuse financièrement que celle d’une automobile à combustion.

On se demande souvent ce qu’on peut faire individuellement face à l’urgence climatique. Si vous pensez à vous acheter un nouveau véhicule en 2020, pourquoi ne pas considérer une voiture électrique? C’est un geste parmi d’autres, mais il est urgent que chacun d’entre nous agisse à sa mesure. Il faut dorénavant placer tous nos choix dans la perspective de réduire le plus possible notre empreinte écologique.

Lorraine Paquette

Comité Ultimatum Granby