Vive les élections!

La gibelotte péquiste mijotait dans la marmite depuis déjà quelque temps. Les stratèges y ajoutaient à l'occasion des assaisonnements aux goûts populaires. Le plat est maintenant prêt. On nous le servira avec des sourires épanouis comme les portes du Paradis.
La peur des autres étant toujours un ingrédient fascinant pour les faibles, les cuistots péquistes se sont assurés d'en ajouter une bonne dose. Cela risque d'avoir un goût de voile, mais nous n'en sommes pas à une contradiction près. Je soupçonne que les candidats péquistes voudront sans doute nous faire croire que cet arrière-goût xénophobe assurera la sauvegarde des saveurs identitaires. Les convives applaudiront sans doute devant cette recette inclusive. Bien sûr, nous rejetterons dans notre assiette ces femmes qui se retrouveront encore plus isolées dans le bouillon québécois, mais on ne fait pas de gibelotte sans produire de déchets.
Évidemment, le banquet s'échelonne sur une longue période. Si la gibelotte ne contient que ce seul ingrédient, les convives risquent d'y perdre goût. On y a donc ajouté une pincée économique pour répondre aux besoins des autres services.
On y a mis un peu de budget. Je dis un peu, car on n'y a ajouté que la saveur revenu, craignant sans doute que les essences associées aux dépenses ne risquent d'en altérer le goût. Un mauvais goût coupe souvent l'appétit. Il vaut donc mieux ne pas tenter le diable culinaire.
Il y aura aussi du ciment gaspésien, du pétrole anticostien et un déluge de promesses irréalisables.
Une recette réussie exige qu'on y retrouve une bonne quantité de méchancetés fédéralistes. Une recette péquiste est indigeste sans ce saupoudrage incontournable. D'ailleurs, notre épicerie nous la faisons avec nos impôts. Bien sûr, le fédéral nous donne un rabais "péréquationniste" pour aider à redresser notre chariot d'épicerie, mais qu'importe.
Je sais que les diététistes péquistes se sont acharnés pour ajouter des protéines au menu festif, mais sans grand succès. La recette est essentiellement calorifique. Elle ne nous donnera ni force, ni énergie pour améliorer notre cuisine de tous les jours. Sans doute permettra-t-elle cependant de majoritairement apprêter un livre blanc pour éclairer les invités, macérer un cours d'histoire pour parfaire l'éducation de nos enfants. Il faut laver les cerveaux pour garder la cuisine propre.
Il faudra sans doute emprunter pour payer ce festin, mais nous ne leur en tiendrons pas rigueur. Inutile de s'en faire, car, nous l'avons démontré, nous gérons avec succès notre dette. N'avons-nous pas la meilleure dette du pays?
Lorsque notre hôtesse nous présentera le menu, elle sera entourée de marmitons qui voudront nous montrer la lumière au bout du tunnel fédéral. Le pays soleil où tout sera beau, bon et différent.Gilles Guay, Bromont