Denny O'Breham, l'auteur de cette lettre

Vive le ROI (2e partie)

Dans la première partie, j'expliquais pourquoi Commerce et Tourisme Granby et Région devrait avoir des objectifs clairement définis par le conseil de ville pour qu'on puisse évaluer leurs actions et justifier l'argent investi.
Mais dernièrement, il y a aussi une discussion à propos du golf Miner entre le conseiller Stéphane Giard, Richard Dubé et Richard Leduc qui a éclaté en public. Le cas du golf Miner est un autre excellent exemple de la notion de ROI (retour sur investissement) et, surtout, du laxisme du conseil de la ville de Granby pour appliquer ce principe.
Premièrement, le golf Miner a un compétiteur avec lequel il peut être facilement comparé : le golf Les Cèdres. C'est une entreprise à but lucratif, qui vise exactement la même clientèle en offrant les mêmes services. Sans connaître les chiffres, on peut deviner que ce commerce réussit à payer toutes ses dépenses, incluant salaires et investissements, sinon il fermerait.
Avant que la ville achète le golf Miner, l'organisme en place payait 20 000 $ pour la location du terrain et 15 000 $ en taxes à la ville de Granby, et ce depuis plus de 10 ans. De plus, selon le président de l'organisme de l'époque, Marc Roy, l'organisme avait une marge de profit de « grosso modo 10 000 $ » (La Voix de l'Est, 27 septembre 2008). Pour convaincre la population d'investir dans ce golf, l'organisme s'était engagé à verser 35 000 $ au nouveau propriétaire (la Ville de Granby) et donc que rien ne changerait. On avait même inclut ce montant dans une étude de coûts de l'achat des terres Miner pour nous démontrer tous les millions de dollars que nous rapporterait cet investissement. Ça, c'est calculer un ROI.
Mais tout ça n'a pas duré longtemps. L'organisme voulait un nouveau chalet qu'il construirait à ses frais (donc remboursé par des revenus futurs) pour 700 000 $. Tout ça a finalement terminé avec un investissement d'environ 2.5 millions $ directement par la Ville de Granby.
Mais, en 2012, il y avait une entente très stricte pour garantir que l'investissement des citoyens ne serait pas vain. L'organisme devait donner une redevance annuelle de 20 000 $ et même plus s'il y avait des bénéfices nets. Un autre montant de 10 700 $ fut ajouté plus tard à l'entente pour financer des travaux effectués sur le terrain. 
Bilan : pour avoir accès à un immeuble qui vient au moins de doubler de valeur, l'organisme devra débourser un peu moins qu'avant (sauf s'il y a des bénéfices nets, naturellement). Ça c'est une forme de ROI. Dès l'année suivante, le golf fait un déficit et ne peut même pas payer les montants qu'il s'est engagé à payer, et ce, malgré qu'il soit géré par des bénévoles. On parle d'un déficit d'opération accumulé de 154 000 $ pour les deux premières années. Ça c'est manquer à sa promesse de ROI.
Que choisit de faire le conseil actuel ? Éliminer les obligations pécuniaires de l'entente. Aucune conséquence pour l'organisme ou ses dirigeants. Le conseiller Giard tentera même de nous culpabiliser pour « oser » exiger de l'argent à cet organisme. À quoi ça sert de calculer un ROI, si on l'écarte du revers de la main lorsque ça ne fait plus notre affaire ?
Pas plus tard que le 5 juin dernier, le club de golf Miner a demandé à être libéré de son obligation de payer la taxe d'eau, ce que le conseil lui a encore accordé.
À titre de comparaison, le golf Les Cèdres paye plus de 17 000 $ annuellement en taxes à la ville de Granby, pour une évaluation de 1 646 000 $. Le golf Miner est évalué à 3 920 000 $ ...
Denny O'Breham
Granby