Balcon de l'hôtel de ville de Montréal

Vive le Québec libre, au moins, un peu plus dès 2018 !

Finalement, en dépit de l'épisode du refus mesquin de Denis Coderre d'accepter que la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal investisse le balcon de l'hôtel de ville pour y commémorer le passage de Charles de Gaulle (son ouverture aux citoyens a compensé un peu...), la couverture de ce 50e, et donc le rappel de ses célèbres paroles par les journaux et les médias, fut abondante et à la hauteur de l'événement. Mais cet excellent rappel peut-il nous faire avancer politiquement dans l'ordre d'une liberté plus grande pour le Québec ?
Philippe Couillard a fait une offre de dialogue au Canada le 1er juillet dernier en vue d'une ouverture éventuelle possible de la Constitution pour, en particulier, y reconnaître la nation québécoise. Deux heures plus tard, Justin Trudeau fermait cette porte. Il y a quelques jours, Philippe Couillard tenta d'en ouvrir une autre par l'arrière en suggérant une ouverture de la Constitution pour reconnaître les Premières Nations en leur octroyant un ordre de gouvernement permettant d'échanger avec elles de nation à nation, de gouvernement à gouvernement. Hier, Justin Trudeau a fermé aussi cette porte disant que le Canada pouvait le faire avec les outils juridiques actuels. Donc, les carottes sont cuites, les voeux de Philippe Couillard ne se réaliseront pas et il aura gagné pour le Québec deux gifles additionnelles de la part du Canada par l'entremise de son premier ministre. Des gifles qu'il se contentera d'encaisser en espérant une autre occasion de rappeler son offre de dialogue. Désespérant !
Dans ce contexte, le Parti québécois devrait revoir sa stratégie. Un référendum dans un hypothétique mandat en 2022 ne peut dans les circonstances être une réponse politiquement efficace pour sauver et protéger à long terme l'honneur du Québec. Il faut dès maintenant, donc pour le mandat de 2018, proposer un référendum sur la souveraineté qui soit gagnant, peu importe le résultat. 
Je suggère, profitant du rappel des paroles de Charles de Gaulle, que Jean-François Lisée, avec l'assentiment du congrès du parti en septembre, propose la démarche suivante aux Québécois : 1) En 2018, un référendum sera tenu sur la souveraineté du Québec et le Oui souhaité pour procéder à la rupture d'avec le Canada sera de 55 %. 2) Si le résultat se situe entre 50 % et 55 %, une proposition, avec un échéancier déterminé, sera faite au Canada de reconnaître la nation québécoise dans la Constitution avec, en particulier, des pouvoirs souverains additionnels en matière de langue, de culture et d'immigration. En l'absence de résultats positifs, une déclaration unilatérale d'indépendance par l'Assemblée nationale suivra dans les meilleurs délais. 3) Si le résultat du référendum était de moins que 50 %, une assemblée constituante serait instituée pour doter le Québec de sa propre constitution, laquelle prévoirait un référendum obligatoire à chaque 15 ans sur l'indépendance du Québec, selon la norme démocratique du 50 % plus une voix. 
D'agir ainsi pour le Parti québécois serait une façon de donner un sens actuel au fameux « Vive le Québec libre » du général de Gaulle en permettant qu'il soit, malgré les circonstances politiques actuelles, enfin libre, du moins un peu plus libre.
Denis Forcier
Shefford