Utopie ou caricature ?

LA VOIX DES LECTEURS / C’est toujours très détendant de lire les lettres de M. Forcier comme celle intitulée La nation québécoise à bout de souffle.

Un mélange de demies-vérité accompagnées de propos grandiloquents pour exprimer son attachement à l’identité québécoise depuis longtemps disparue. Bien sûr, lire correctement la réalité québécoise actuelle et faire évoluer sa vision des choses n’est pas facile pour personne.

La plupart des organismes des droits de la personne ont publié depuis de nombreuses années des études démontrant très clairement la présence de racisme systémique au Québec en lien avec les Inuits, les premières nations, les Afro-Québécois, les Haïtiens, les Maghrébins, les Arabes. Ce mal extrêmement pernicieux nous habite tous à notre insu. À moins d’être sourds et aveugles, des propos et des gestes ouvertement racistes sont quotidiennement présents autour de nous. C’est bien connu : pour guérir d’un mal, il faut d’abord avoir le courage et la lucidité de le reconnaître. Quand M. Legault refuse de reconnaître le racisme systémique, il s’adresse uniquement à sa base électorale. Ça frôle la fourberie.

M. Forcier fait mention de la loi 21 établissant au Québec une laïcité tronquée. Malgré tout, par souci de cohérence, le gouvernement a dû faire disparaître le crucifix à l’Assemblée nationale. Encore là, M. Forcier continue à manifester son attachement aveugle à une identité chrétienne disparue depuis des décennies. La sécularisation de la société québécoise a commencé à la Révolution tranquille. Conséquence : les Québécois ont coupé leurs liens avec l’Église et ses institutions. Même le drapeau fleurdelisé avec sa croix constitue une aberration dans un pays qui, malgré un fort courant de xénophobie, n’a pu fermer la porte à l’immigration pluraliste et cosmopolite. Or, cette immigration est le moyen privilégié pour sauver l’économie : parlez-en aux entrepreneurs agricoles, aux restaurateurs, etc.

Le ministre Jolin-Barrette s’est permis d’imposer contre tout argument factuel et rationnel une multitude d’obstacles frôlant encore une fois l’injustice dans un seul but : réduire une nécessaire immigration. À ce chapitre, l’incohérence du gouvernement Legault s’est tristement manifesté face à sa seule priorité, c’est-à-dire, l’économie. Son pragmatisme dont il aime tant se vanter a été complètement écrasé par la xénophobie de sa base électorale. Il faut ce qu’il faut !

Enfin pour terminer, nous avons droit à l’hymne grandiloquent de M. Forcier concernant une future constitution québécoise ayant pour préambule un assortiment de pseudo valeurs rattachées au passé de colonisés des Canadiens français catholiques. Chaque actualité fournit à M. Forcier l’occasion de ramener sur le tapis son obsession à promouvoir sa vision passéiste et tellement réductrice de la réalité québécoise. En période de pandémie, une caricature, ça détend !

André Beauregard

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