Une piste vers une souveraineté-association 2.0

LA VOIX DES LECTEURS / La venue de Guy Nantel sur les rangs de ceux qui se disputeront la chefferie du PQ est une excellente nouvelle. D’autant plus qu’il se réclame de René Lévesque et de sa vision pour le Québec d’une souveraineté-association. Mais celle-ci ayant été rejetée au référendum de 1980, il aurait avantage à en proposer une formule plus évoluée, disons 2.0. Et pourquoi pas une cosouveraineté-association?

Pour y arriver, je lui suggère d’endosser publiquement la Déclaration qui suit, et que s’il est élu chef, histoire de tester le terrain canadien, de s’engager à ce que le Parti québécois, dès son élection, propose la motion suivante à l’Assemblée nationale :  

«Au nom du peuple québécois, et pour faire suite à l’offre de dialogue constitutionnel Couillard-Fournier faite au Canada le 1er juin 2017, mais laissée sans réponse positive, nous offrons à nouveau au Fédéral et aux Canadiens de signer la Constitution de 1982. Mais à la condition que celle-ci comporte intégralement le texte suivant comme fil conducteur  d’un nouveau partenariat constitutionnel. Ce nouveau partenariat visant une cosouveraineté-association négociée et consentie mutuellement entre notre nation interculturelle et votre post-nation multiculturelle doit cependant être accepté, en principe, de la part de vous, Canadiens, avant la fin de 2020 pour  ensuite faire l’objet de négociation dès les premiers mois de 2021.»

Et d’y aller d’une déclaration d’identité du peuple québécois:

«Depuis près de 500 ans, à force d’espérance et de persévérance, notre peuple, en plus de fonder le Canada, en même temps que Québec en 1608, et ce, avec harmonie en terre autochtone, s’est imposé au monde en tant que, le Québec, non seulement comme une terre commune de paix et d’accueil, mais aussi de créativité et de productivité. Dans nos cœurs et  nos vies, depuis très longtemps, c’est en effet la terre de chez-nous et la langue française qui nous lient tous et toutes, et nous lierons toujours nous, « gens du pays», aussi, dans ce vaste Canada de toutes les audaces et de toutes les ouvertures. Notre révolution tranquille nous a donné la liberté pour nourrir nos actions, la fidélité aussi, pour ne jamais oublier nos racines multiples et le partage pour assurer, à tous et toutes, un avenir juste, un avenir que nous voulons, par la présente déclaration, retisser avec le peuple canadien. Ce triple trésor de valeurs communes auquel s’ajoute la richesse de nos valeurs fondamentales, en particulier, l’égalité de l’homme et de la femme +LGBTQ+, la laïcité à notre manière et la neutralité de l’État, nous obligent comme peuple, d’une rare humanité, tellement plein d’humour et, qui aime bien manger, à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité d’abord chez nous, au Canada, mais aussi en Amérique du  Nord et dans le monde entier.  

Prenant à témoin la Constitution canadienne,(...) par la présente déclaration d’identité, nous nous voulons fédérateurs, mais aussi reconnaissants envers le Canada de consentir pour nous, avec les outils financiers appropriés, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs, en matière de langue, de culture/communication, d’immigration et d’environnement. Ces nouveaux pouvoirs ainsi reconnus au Québec protègent son identité francophone, tout en rappelant son rôle de foyer principal de la francophonie canadienne, assurant ainsi  une  protection constitutionnelle accrue de ses droits linguistiques. Aussi, dans ce Canada postnational depuis 1982, par la présente déclaration, le Québec se reconnaît la responsabilité en tant que peuple, et peuple de nations, de veiller au respect et au développement de nos communautés autochtones, ici depuis plus de 15 000 ans, de notre communauté anglophone d’origine britannique, ici depuis au moins 260 ans, de nos nouveaux arrivants ici depuis longtemps, aussi, ceux d’ hier et d’avant-hier, et ce, sans oublier tous nos francophones d’Amérique.»

Si Guy Nantel acceptait publiquement cette piste de travail, et pour être cohérent avec l’annonce faite au moment de sa mise en candidature à la chefferie, il devrait préciser que ce référendum qu’il promet, à mi-mandat d’un gouvernement péquiste en 2022, portera, ou bien sur la réponse du Canada à une telle offre de notre Assemblée nationale, ou bien en l’absence de réponse, ou pire, advenant une réponse négative, directement  sur l’indépendance du Québec. Merci bonjour!

Et qu’il en serait de même si le gouvernement Legault refusait d’appuyer cette motion du Parti québécois lançant ainsi le message qu’il est impossible de faire confiance au Canada pour l’établissement d’un nouveau régime fédéral.

Denis Forcier 

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