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François Legault
François Legault

Une lumière éblouissante

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LA VOIX DES LECTEURS / Ceux et celles qui ont fait l’expérience de monter sur une scène savent que les éclairages rendent la distinction des spectateurs très difficile et parfois impossible. Il en sera probablement de même avec l’arrivée des vaccins pour stopper la pandémie due à la COVID-19. 

En effet, malgré un taux d’insatisfaction important dans le monde scolaire, culturel, médical, sportif, commercial et municipal, l’arrivée des vaccins fera en sorte que la population en général oubliera l’arbitraire des confinements et leurs conséquences graves sur la santé physique et mentale.

Durant cette pandémie, un grand nombre de pays gouvernés par des partis politiques dont le discours et la vision des choses sont non seulement de tendance néolibérale, mais surtout extrêmement populiste cherchent à plaire à tout le monde tout en déplaisant à tout le monde. Le tout est astucieusement enrobé de propos paternalistes.

Le monde politique cache ses décisions sous des apparences scientifiques accompagnées d’une absence de transparence. On pense que le petit peuple et les vieux sont incapables de comprendre les tenants et les aboutissants des décisions à prendre. Actuellement, personne au Québec n’est en mesure d’identifier un véritable consensus concernant les critères à retenir pour déterminer un confinement scientifiquement efficace et pertinent. C’est là que se situe le vrai problème.

La CAQ de François Legault a une conception très limitée d’une gouvernance démocratique. En fait, ce parti et son chef sont habités par une allergie chronique à toute forme de consultation élargie et à toute écoute de groupes d’experts situés à l’extérieur de leur cercle d’influence.

Ce processus est visible dans tous les projets de loi parfois cosmétiques, parfois réactionnaires adoptés par ce gouvernement. Pour être plus efficace et plus rapide, celui-ci s’obstine dangereusement à ne consulter qu’un nombre très limité de citoyens, sa clientèle. C’est ce qu’on pourrait appeler « un pragmatisme populiste ».

La deuxième vague de COVID s’est illustrée par les nombreux cris d’alarme rapportés par les médias, cris ne faisant que démontrer les failles de cet arbitraire. Les organismes civils ne sont pas consultés. Conséquence : le nombre de secteurs de vie qui manifestent leur insatisfaction ne cesse d’augmenter, mais leur voix se perd dans le tumulte des craintes et des questionnements. Le seul qui aurait le pas, ce serait le premier ministre ! Triste conséquence d’une gestion autoritaire et peu respectueuse de la société civile, forme de gouvernance inscrite dans l’ADN du parti et grandement privilégiée.

Ce qui devrait nous sauter aux yeux, c’est la bulle d’incohérence et d’amateurisme dans laquelle demeure plongé le premier ministre. Chaque événement du calendrier devient une raison pour jouer au yo-yo avec les citoyens. Et pour comble de malheur, à chaque retour de la contamination, les ministres se présentent pour enfoncer davantage le clou d’une improvisation jamais appuyée par des résultats d’enquêtes. Personne ne sait où ça va aboutir. L’anxiété et l’écœurement sont devenus notre pain quotidien. Mais heureusement, le vaccin est arrivé; la lumière éblouissante surgit au bout du tunnel. On effacera tout, on oubliera tout.

Cette victoire médicale et non politique empêchera-t-elle de s’interroger sur la gestion de la crise ? Comment expliquer la lenteur d’application de procédures élémentaires pour réduire la contamination ? Pourquoi avoir été si peu préoccupé par la multiplication des dommages collatéraux graves et des séquelles à long terme ?

Hypnotisée par le discours « bon enfant » du PM, la population consacre toujours beaucoup de temps à excuser ses incohérences; les sondages sont là pour le confirmer. Rappelons-nous que dans l’Histoire humaine, les crises ont souvent permis d’amplifier soit la compétence, soit l’incompétence des dirigeants du pays. Comment évaluerons-nous la situation actuelle ?

André Beauregard

Shefford