Une lueur d’espoir

LA VOIX DES LECTEURS / En ce XXIe siècle, personne n’aurait cru que les croyances les plus absurdes et les plus irrationnelles auraient contaminé un pourcentage aussi important de la population; que la signification des mots et des concepts aurait été si déformée et même méprisée. Les mots démocratie, vérité, liberté, tout dépendant de ceux et celles qui les utilisent, peuvent signifier aussi bien leur véritable sens que leur contraire. La complexité des situations est remplacée par le simplisme des explications, les nuances par les propos radicaux, l’effort à vouloir comprendre par la négation pure et simple des faits.

Une partie importante de l’humanité retourne dans la grotte de Platon; elle s’enferme dans une bulle de non-recevoir; elle se bouche les yeux et les oreilles; elle n’écoute plus rien qui soit raisonnable. L’Histoire nous rappelle que, trop souvent, ce sont les catastrophes et les tragédies qui ouvrent les yeux du monde, des événements qui auraient pu facilement être évités. Il semblerait que l’Humanité vit toujours sur le Titanic avec la même insouciance, la même attitude irresponsable et probablement, les mêmes conséquences dramatiques.

Notre planète vit actuellement une grande période d’extinction environnementale, la sixième depuis 3,5 milliards d’années et pourtant, il semble que cette catastrophe appréhendée et assurée n’ébranle pas beaucoup la majorité des gouvernements. Cette extinction est accompagnée d’un grand mouvement de recul qui nous ramène soit à l’obscurantisme du moyen-âge, soit au fascisme de l’entre-deux guerre. Or, ces états d’esprit ne font qu’accélérer le jour J de la catastrophe.

Un peu comme une poule sans tête, un nombre important de citoyens et de citoyennes cherchent des réponses et des solutions auprès de ceux qui pensent comme eux ou auprès de charlatans, ou s’improvisent eux-mêmes grands chercheurs. Les véritables leaders parlent dans le désert; on ne veut pas les écouter. La populace ne leur accorde aucune crédibilité : elle méprise la vérité, elle déforme la démocratie, elle ne comprend rien à la liberté.

Quelle puissance énergétique sera-t-il nécessaire de déployer pour empêcher l’Humanité de foncer à vive allure sur l’iceberg de sa prochaine extinction ? Comment lui ouvrir les yeux sur le réchauffement du climat dû aux activités humaines alimentées par les énergies fossiles ? Sur les dangers mortels de chaque insouciance et de chaque imprudence en lien avec la pandémie ? Sur la concentration révoltante des richesses dans les mains du 1% de la population ? Sur les conflits sociaux animés par les suprématies raciales, nationales, financières et religieuses ?

C’est l’Histoire de l’univers : il a fallu des énergies d’une puissance presque incalculable pour lui permettre de sortir du néant au moment du Big Bang. La naissance des premiers êtres vivants microscopiques est arrivée il y a environ 3 milliards d’années. De 60 000 à 300 000 ans de notre ère, sont apparus des êtres vivants aptes à prendre conscience du monde dans lequel ils vivaient; ils n’ont jamais cessé d’évoluer.

Aujourd’hui, c’est l’heure du Big Bang de la conscience humaine. Par le caractère infini de sa réflexion philosophique, de sa recherche scientifique, de sa créativité artistique, elle se doit de conduire l’Humanité vers une mondialisation de la solidarité. Sans une véritable symbiose entre tous les vivants terrestres, la vie de l’Homo sapiens risque de disparaître à tout jamais. Que choisirons-nous de faire ?

André Beauregard

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