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Une journée nationale de la liberté de conscience

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LA VOIX DES LECTEURS / Depuis le jugement Blanchard de la Cour supérieure le 20 avril dernier, instituant un régime de droit différent selon que les enfants et les adolescents fréquentent une école du secteur public francophone ou anglophone, la protection de leur liberté de conscience n’est plus assurée de façon égale.

En effet, les élèves anglophones peuvent maintenant avoir devant eux des enseignantes voilées de plein droit.

Leur vulnérabilité intrinsèque devant le prosélytisme passif dû à un affichage religieux ostentatoire semble donc, avec ce jugement, reléguée, pour l’instant, aux oubliettes. Et cet instant pourrait durer longtemps, puisque le gouvernement a fait appel de ce jugement. Et s’il devait se rendre jusqu’en Cour suprême, on parle d’années d’attente.

Pourtant, les militants et militantes laïques, y compris le Parti québécois, ont défendu cette loi, en grande partie, pour garantir la protection de la liberté de conscience de tous les enfants et des adolescents du Québec. Ils ont d’ailleurs déploré que le gouvernement Legault ait refusé de l’étendre aux écoles privées de même qu’aux CPE.

Aujourd’hui, ils doivent se rendre compte qu’avec ce jugement Blanchard, et cet appel du gouvernement, cette protection est devenue parfaitement inéquitable. Et à mon sens, ils doivent agir rapidement pour corriger, un tant soit peu, la situation, d’ici à ce qu’un jugement final soit rendu sur la constitutionnalité de la loi 21.

Pour assurer une protection minimalement équitable, au moins symbolique, de la liberté de conscience de tous les enfants et adolescents du Québec, je propose que le Parti québécois présente, incessamment, une motion à l’Assemblée nationale visant à instituer une journée nationale, sur temps scolaire, dédiée à la célébration de la liberté de conscience.

Pour cette journée, tous les citoyens et citoyennes seraient invités(es) à s’abstenir de porter en public tout signe religieux. Tous les enfants et les adolescents du Québec auraient alors l’occasion de partager, avec leurs enseignants(es) des secteurs publics et privés, autant anglophones que francophones, sur l’importance du respect de la liberté de conscience, comme devant précéder, et il faut l’espérer, de façon naturelle et efficiente, la liberté de religion, comme c’est écrit à l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, adoptée par les Nations Unies en 1948.

Partager aussi le fait qu’il est important de célébrer cette liberté de conscience parce qu’elle fonde la dignité de l’être humain, et celle donc de tous les Québécois et Québécoises.

On ignore pour l’instant le sort ultime qui sera réservé par les tribunaux à la loi 21. Cependant, d’ici là, toutes les réflexions collectives inspirées par une telle journée nationale dédiée à la liberté de conscience ne pourraient qu’enrichir le débat démocratique. Si bien que s’il est nécessaire, éventuellement, de modifier cette loi ou simplement de l’enrichir, il sera plus facile, espérons-le, de faire consensus pour ajouter de la qualité à la laïcité québécoise et, surtout, d’en faire un objet de fierté qui serait remarqué de par le monde.

Denis Forcier

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