Barack Obama

Un mois, c’est bien, mais 365 jours, ce serait mieux !

LA VOIX DES LECTEURS / De mon vivant, j’aurai vu Barack Obama devenir le tout premier président noir des États-Unis. De mon vivant, j’aurai vu PK Subban devenir le meilleur défenseur de la LNH, un sport dominé par l’Homme blanc. De mon vivant, j’aurai vu les paroles de Martin Luther King se réaliser.

De mon vivant, j’aurai vu des hommes comme Kobe Bryant, Lebron James, Michael Jordan. De mon vivant, j’aurai vu une équipe des Noirs gagner la coupe du monde de soccer en 2018 (France). De mon vivant, j’aurai connu l’histoire de Rose Parks, symbole de tous ces Noirs qui refusent d’être enfermés dans des cages.

Tous ces Noirs qui refusent de vivre dans des stéréotypes imposés par l’Homme blanc. Se dire que « je peux » ou se dire que « je peux y arriver », signe d’un Homme libre.

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy ne pourrait pas dire que « l’Homme noir n’est pas assez entré dans l’Histoire », à moins qu’il vive en région.

Le mois de février est le Mois de l’histoire des Noirs. Ce n’est pas juste un événement du mois. C’est une période de l’année où chacun est invité à réfléchir et à faire de l’introspection vis-à-vis son rapport aux personnes issues de la diversité culturelle.

Surtout, il ne faut pas oublier que l’Histoire de l’humanité n’a pas été construite par une seule race ou une seule ethnie. Avant de poser un regard de jugement basé sur la couleur de la peau, faites une rupture épistémologique en reconnaissant qu’au final, entre vous et moi, la seule différence qui nous sépare est le fait que vous, on vous donne des opportunités pour vous réaliser dans la vie et moi, étant Noir, je dois travailler deux fois plus pour avoir le tiers de vos opportunités.

L’important est que vous reconnaissiez vos privilèges et que vous aidiez les autres à se réaliser dans leur vie. Reconnaissez que j’existe et vous aurez mon sourire. Mais, surtout, n’oubliez pas que personne ne nait noir ou blanc. Avant d’être Noir, je suis avant tout un humain et je mérite votre respect et d’être traité à ma juste valeur.

De mon vivant, j’espère voir un premier (e) ministre noir au Québec ou au Canada. De mon vivant, j’espère que la communauté internationale se rendra compte que l’Ebola, avec un taux de 62 % de décès touche en moyenne plus de 50 000 personnes en Afrique, comparé au coronavirus qui a un taux de 2 % de décès dans le monde.

J’espère que la communauté réalisera que l’Afrique australe vit la pire crise de la faim jamais vue. Que les changements climatiques sont responsables de millions de morts.

À toi, mon frère, ma sœur qui va me lire, le seul conseil que je peux te donner c’est soit fier de tes origines. Être Noir est une fierté que tu dois exposer au monde entier. Ne vis pas dans les stéréotypes. Au contraire : vis ta vie et fais valoir tes droits. Exige le respect de tous ceux ou celles qui les réprimeront. N’oubliez pas que des hommes comme Nelson Mandela, Obama, Martin Luther King ou Malcolm X se sont sacrifiés pour que nous nous puissions être considérés en tant qu’Humain.

L’histoire des Noirs m’a appris l’importance de persévérer, mais surtout, l’important de croire en soi et à la vie. Ne sois pas tous ces gens qui te diront que tu n’y arriveras pas. Le ciel est la seule limite qui peut entraver tes objectifs. Alors, fonce et deviens celui que tu as toujours voulu être.

Un sage m’a dit un jour qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un. Ainsi, apprendre à vivre ensemble, c’est la manière la plus efficace de lutter contre le racisme. Autrement dit, Blanc sans « N », ça fait Blac. Comme quoi sans la haine, au final, on est tous égaux.

Joyeux mois de février des Noirs à tous et à toutes et en tant que société, soyez fiers de notre diversité culturelle.

Faustin Mugisha

Granbyen, étudiant en Travail social à l’Université du Québec en Outaouais