L'auteure, Kim Thùy

Un hommage touchant à Kim Thùy

C'est toujours un plaisir renouvelé pour moi de regarder les entrevues de fins d'année des émissions 24/60 et des éditions Hors-Série de Radio-Canada.
La dernière semaine de décembre 2016, les invités de la journaliste Anne-Marie Dussault étaient cinq personnalités remarquables, dont la plupart étaient connues mondialement.
Une personne hors du commun a particulièrement retenu mon attention : l'auteure Kim Thùy, qui a été couturière, traductrice, interprète, avocate, restauratrice, chroniqueuse culinaire, avant de devenir en 2009 une romancière avec sa trilogie Ru, Mãn et Vi. Je dois avouer que je n'ai pas encore lu ses livres. Mais c'est surtout l'histoire de cette jeune réfugiée vietnamienne et son parcours que je trouve impressionnants !
Le 5 janvier 2017, j'ai eu le bonheur de revoir l'entrevue de Madame Kim Thùy. Kim est née à Saigon en 1968. À l'âge de 10 ans, elle fuit le Vietnam avec ses parents et ses 4 frères sur un « boat people », cachés dans la cale, entassés les uns sur les autres. La famille passe 4 mois en Malaisie dans un camp de réfugiés avant d'arriver à Mirabel en hiver entouré de bancs de neige. « C'était complètement blanc partout, partout », au dire de Kim !
Kim a toujours été reconnaissante et pleine de gratitude envers sa ville d'accueil, Granby. Voici d'ailleurs un extrait de ses récents propos lors de l'entrevue avec Anne-Marie Dussault.
« Ils nous ont regardés comme s'ils nous attendaient depuis toujours. Et puis c'est vrai, j'ai revu une des personnes du groupe, Claudette, qui est dans Ru d'ailleurs. Elle disait que notre arrivée a été retardée d'une semaine apparemment, donc, la ville était prête depuis une semaine. Ils avaient hâte qu'on arrive. Quand on est arrivés, on était comme des princes et des princesses qui arrivaient, oui, dans ce lieu tellement accueillant et j'ai vu dans les regards une pureté qu'on n'avait pas vue depuis toujours dans mon cas (...) On ne s'était pas vus depuis 4 mois, mais je me suis revue dans leur regard et vraiment, je n'avais jamais été aussi belle qu'à ce moment-là et je ne suis jamais redevenue aussi belle qu'à ce moment-là. C'est un cadeau extraordinaire : on tombe amoureux quand quelqu'un nous voit aussi beaux, on n'a pas le choix... »  
Quel bel hommage que Madame Thùy a communiqué à l'ensemble des Granbyennes, Granbyens et aux fidèles auditeurs de l'émission d'Anne-Marie Dussault !
En avril 2010, Kim disait que la ville de Granby leur avait redonné le goût à la vie, à elle et à sa famille.
Personnellement, j'ai quitté ma ville natale, Granby, durant 34 ans. Pendant ce temps, j'ai connu plusieurs villes autant de l'Estrie que de la Montérégie et effectivement, j'ai pu constater que l'ensemble des citoyens de Granby sont des gens très chaleureux et surtout généreux de leur personne.
Souvent, il suffit d'un mot, d'une phrase, d'un timbre de voix approprié au bon moment et dans le cas de Madame Kim Thùy, d'un regard d'une pureté tellement douce pour faire toute la différence dans une vie ! (réf : « Quand la mort fait mordre dans la vie », La voix des lecteurs, 26 nov. 2015).
Je souhaite de tout coeur que tout en étant une ville intelligente, Granby continue à faire rayonner son humanisme, son altruisme dont l'humanité tout entière a tellement besoin ! 
Humainement vôtre,
Serge Dion
Granby