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Un débat toujours actuel

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LA VOIX DES LECTEURS / En cette période de négociation des conditions de travail des 500 000 employés de l’État québécois, il est bon de rappeler l’importance de la solidarité. Dans tous les corps de métiers et dans toutes les professions, on entend trop souvent le discours individualiste propre à ceux et celles qui se sentent capables d’atteindre l’équivalent du rêve américain en s’appuyant uniquement sur la force de leurs bras. Naïveté sûrement, mais surtout beaucoup d’aveuglement.

Dans certains milieux petits ou grands, on retrouve autant chez les autorités que chez les employés un certain mépris pour les élans d’empathie et de solidarité ou pour les propos priorisant l’estime de soi et la reconnaissance de la dignité humaine. Dans leur esprit, on peut tout simplement laisser ces valeurs à la porte de l’entreprise.

Encore aujourd’hui, autant par leurs discours que par leur silence complice, les uns et les autres affirment que les patrons ont tous les droits et que les employés ont un unique devoir : obéir. La prise de parole moindrement franche est très risquée, il est plus rentable de baisser la tête ou de jouer au lèche-botte.

Par contre, ceux et celles qui ont osé parler ont été confrontés à la dure réalité du pouvoir de l’autorité, un pouvoir alimenté par la faiblesse ou l’absence de solidarité de la part des collègues de travail. La loi de l’omerta est encore bien présente et pourtant nous le savons, le silence n’a jamais fait progresser les choses. Ce sont les personnes qui parlent qui déclenchent le progrès.

Un vieux principe probablement découvert dès les premiers balbutiements sociaux et expérimenté par nos ancêtres a permis à l’humanité d’aller au bout de ses capacités : « l’union fait la force ». Curieusement, lorsqu’il s’agit de défendre des droits, beaucoup préfèrent s’isoler et laisser les autres se battre pour ces valeurs fondamentales.

Pour certains, sortir de la grotte de la soumission semble un défi impossible. Il est vrai que l’Histoire rapporte des congédiements totalement injustifiés et souvent diffamatoires ou même des brutalités absolument inconcevables. Pourtant, les valeurs de justice, d’équité et de vérité ont toujours été et seront toujours à protéger et à promouvoir.

En milieu de travail durant toutes les époques y compris en ce XXIe siècle, personne ne peut faire l’économie de ces valeurs profondément humaines. Ceux et celles qui pensent que ces débats étaient justifiés au moment de la révolution industrielle, mais qu’aujourd’hui ils sont complètement désuets font preuve non seulement de naïveté, mais aussi de beaucoup d’aveuglement.

Les travailleurs et les travailleuses doivent encore se battre contre les multiples formes d’exploitation abusive: augmentations du temps de travail sans toucher à la rémunération ou réduction de la rémunération tout en laissant intact le temps consacré au travail; l’application insidieuse d’un « système » de critères discriminatoires établis en fonction du genre, de l’âge, de la race, de la langue, des signes religieux, d’un handicap physique ou mental ou de toute autre considération; les horaires qui défavorisent la conciliation famille-travail, le travail précaire, les rémunérations indécentes et toutes les contraintes qui touchent à la santé et à la sécurité.

La conscience sociale ne cesse de grandir de décennie en décennie et les objectifs deviennent de plus en plus exigeants. Toutes les citoyennes et tous les citoyens moindrement éveillés doivent comprendre que ces combats sont absolument essentiels à la survie de la communauté.

La seule condition pour vivre heureux, c’est la solidarité et celle-ci doit être présente partout et surtout en milieu de travail. Soyons solidaires, appuyons les revendications de ces milliers de femmes et d’hommes engagés par l’État québécois et qui consacrent consciencieusement et dans la plus grande discrétion leur vie et leurs grandes compétences à servir la nation. Que serait le pays sans leur travail quotidien ?

André Beauregard
Shefford