Un changement d’époque ?

LA VOIX DES LECTEURS / Certains changements soulignent une rupture avec les manières usuelles de regarder le monde. Ils entraînent de multiples transformations. L’année 2020 illustre possiblement un passage.

Par exemple, le retour de l’État comme acteur de premier plan dans la réponse collective à ce fléau. La dimension sociale et l’environnement deviennent prioritaires, du moins temporairement. L’urgence favorise même l’essor d’une économie locale axée davantage sur les besoins humains que sur le mantra d’une croissance infinie.

L’arrêt brusque du cycle effréné production/consommation met en relief la possibilité que les sociétés puissent se structurer autrement que par l’économie de marché. Déjà, des éléments positifs, issus de cette crise, s’observent, comme la diminution des GES. Or, pour parvenir à un monde qui ne dépasse pas les capacités de régénération des écosystèmes, les efforts devront se poursuivre dans cette direction d’une décroissance conviviale et interdépendante socialement.

On objectera, à raison, que ces éléments positifs occultent la tragédie économique de milliers de travailleurs. Certes, il importe de le reconnaître et d’être plus que sensible à cette dimension, mais il est à observer que le choc serait moindre si nos sociétés avaient mis en place un revenu minimum universel garanti pour faire face aux besoins fondamentaux.

La crise actuelle propulse donc l’économie de proximité ainsi que des formes de solidarité qui retissent la toile sociale et communautaire.

Cette pandémie catastrophique peut favoriser une transition énergétique en mettant davantage en œuvre une économie circulaire. De plus, il conviendra peut-être de planétariser plusieurs enjeux communs comme l’accès aux besoins de base, de renforcer les droits sociaux, économiques et politiques des personnes tout en régionalisant l’économique. Une telle transition intensifiera la solidarité tant entre les nations qu’en leur sein. Ce possible changement serait susceptible de relever les multiples défis posés par notre époque.

Patrice Perreault

Granby