Le député provincial de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis

Titre accrocheur ou titre menteur?

Depuis quand ce sont les journalistes qui tranchent sur la culpabilité ou non de quelqu'un ? Quand on lit : « Plainte pour inconduite sexuelle : pas d'accusation contre Pierre Paradis », on se dit, ben voilà... le dossier est clos. Eh bien non... justement, si vous poussez la lecture au-delà du gros titre accrocheur-menteur, vous comprenez que l'enquête n'est pas encore terminée...
Le journaliste relate même que sa source lui a dit qu'il n'y en avait pas d'agression sexuelle : « On est devant des gestes déplacés, pas [d'infractions] criminelles », résume une source proche de l'enquête, pour qui il est évident qu'on mettra vite de côté les soupçons d'agression. 
Depuis quand ce sont « les sources proches de l'enquête » qui tranchent sur la possibilité de poursuivre ou non en justice ? 
Le journaliste parle enfin du DPCP. Oui oui, celui qui est supposé décider s'il y aura plainte ou non... Mais encore là, il y va de sa petite opinion personnelle en disant : « Mais tout indique déjà que le DPCP, qui aura à prendre une décision au bout du compte, se retrouvera devant les versions divergentes de la plaignante et du politicien, ce qui mène difficilement à un verdict "hors de tout doute raisonnable". »
Comment peut-on écrire pareil article ? 
Mettons-nous dans la peau de la victime qui lit ça ce matin... Ha non, c'est vrai, il n'y a pas de victime, le dossier est déjà classé selon Sa Majesté Denis Lessard, justicier du « vétéran » homme de pouvoir, déjà blanchi grâce à lui. 
Ça donne tellement froid dans le dos que je pense demander à ma stagiaire de me frotter avec du Voltaren, en lui donnant une tite tape sur les fesses. Mais quoi ? Y'a rien là... c'est une demande tout à fait normale...
Sophie Labrie, pour le CALACS de Granby
Réponse de Denis Lessard
Mon article souligne bien clairement que la décision de déposer ou non des accusations relève du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Mais l'article s'appuie aussi sur l'appréciation de policiers d'expérience qui savent bien que le DPCP n'ira pas de l'avant à moins d'être convaincu de la solidité de sa cause. Selon eux les chances d'avoir un verdict « hors de tout doute raisonnable » dans ce dossier sont quasi inexistantes. C'est sur cette base qu'on écrit qu'il n'y aurait pas d'accusations « selon toute vraisemblance ».
Denis Lessard
journaliste, La Presse