Le mont Oak
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Tarification au Parc des sommets: révisons les calculs

LA VOIX DES LECTEURS / L’acquisition du Parc des sommets au coût de 8,3 M $ à Bromont a été financée en très grande partie (5,5 M $) par nos deux paliers de gouvernement. La Ville de Bromont a injecté près de 2 M $ et une campagne de sociofinancement a permis d’amasser environ 1 M $. De nombreux citoyens non-résidents de Bromont ont contribué à cette campagne de financement croyant que l’accès aux sentiers serait abordable. Plusieurs ont été surpris en réalisant qu’ils devraient maintenant payer très cher leur droit d’accès s’ils n’habitent pas à Bromont.

Pour calculer sa tarification, la Ville de Bromont ne semble pas avoir considéré les sommes publiques investies pour l’achat du Parc des sommets. Certains tentent également d’établir un parallèle avec l’usage d’infrastructures municipales comme une piscine, un aréna ou une bibliothèque. Toutefois, il s’agit ici d’un immense territoire naturel de plusieurs centaines d’acres. Ce n’est pas comparable.

Nous avons tenté à quelques reprises d’entrer en contact avec l’organisme Les Amis des sentiers de Bromont. Un seul membre nous a répondu et il s’est fait demander de cesser toute communication avec nous.

Nos autres demandes d’information auprès de l’organisme sont demeurées sans réponse. Nous déplorons cette attitude.

Du côté de la Ville, nous avons reçu des réponses partielles ; on nous dit qu’une étude de fréquentation a été réalisée pour calculer la tarification, mais on refuse de partager cette étude ainsi que les calculs qui ont mené à la tarification des sentiers de Bromont en prétextant que ce ne sont pas des informations publiques.

Malgré cette communication difficile, nous avons appris que Bromont reçoit des subventions publiques pour entretenir ses sentiers. Par exemple, en 2019, la Ville a reçu une subvention provinciale du Programme de soutien à la mise à niveau et à l’amélioration des sentiers et des sites de pratique d’activités de plein air (PSSPA), dont deux objectifs principaux sont de renforcer l’accessibilité à la pratique d’activités de plein air et accroître la fréquentation des sentiers et des sites de pratique d’activités de plein air. Par la suite, les élus de Bromont ont voté pour exiger une tarification importante uniquement aux non-citoyens. Nous y cherchons la logique. Nous nous questionnons.

Comparaison des tarifs

La nouvelle tarification de Bromont est l’une des plus élevées au Québec et elle s’applique uniquement aux non-résidents. Pourtant, nous avons tous contribué. En comparaison, la passe annuelle familiale des Sentiers de l’Estrie coûte 70 $, 60 $ aux P.E.N.S. (Sutton) tandis qu’à Bromont, le coût est de 146 $. Un tarif comparable à la Passe Réseau donnant accès à l’ensemble des 24 parcs nationaux du Québec.

Pour le vélo de montagne, une passe familiale coûte 100 $ à East Hereford, 170 $ au Massif du Sud, 150 $ à L’Abbaye d’Oka et 200 $ canadien à Burke, au Vermont. À Bromont, c’est 358 $ uniquement pour les non-résidents.

Nous sommes d’accord de contribuer pour l’entretien des sentiers, mais soyons équitables.

Des différences entre les réseaux

Bromont se compare avec Vallée Bras-du-Nord, mais ce n’est pas logique. Vallée Bras-du-Nord est une coop qui veut générer des profits et qui n’a pas droit à plusieurs subventions publiques, alors que les sentiers de Bromont sont gérés par un OBNL. De plus, il n’y a pas de tarification à deux vitesses à Vallée Bras-du-Nord.

Impact social

Cette nouvelle tarification a déjà un impact sur de nombreuses familles moins nanties de la région qui allaient autrefois marcher dans la forêt. Une petite balade d’une heure au mont Gale comme dans le temps coûte maintenant 26 $ pour une famille de quatre. On y réfléchit à deux fois avant d’y aller.

Est-ce que ce sont quelques ententes intermunicipales ici et là qui vont régler la situation ? Non.

Nous sommes d’avis que les élus doivent trouver une solution juste et équitable pour l’ensemble des contribuables afin de permettre un accès abordable au maximum de citoyens de la région, peu importe leur lieu d’habitation.

Finalement, où sont nos députées Isabelle Charest et Lyne Bessette ? Où sont nos leaders ?

Nous les avons interpellées et nous attendons toujours leur opinion sur le sujet.

Marie-Noël Dumont, Regroupement de citoyens Pour une région inclusive