Valentin Auclair fait face à trois accusations, soit deux d’incitation à la haine contre un groupe identifiable et une troisième d’avoir préconisé le génocide.

Sois courageux Valentin, tu n’es pas seul !

LA VOIX DES LECTEURS / J’ai assez bien connu Valentin Auclair, « ce monsieur de 38 ans », comme disait l’autre.

Il y a moins de dix ans, une ou deux fois par semaine, nous allions ensemble dans une assemblée religieuse. Je le voyageais et il nous est arrivé de prendre un café et de discuter ensemble. J’aimais bien sa présence et je crois bien que c’était réciproque.

Valentin est un gars très réservé, même refermé sur lui-même. Il semble gêné, pas sûr de lui, et peu volubile. Cependant, lorsqu’un climat de confiance s’installe, Valentin demeure réservé, mais il aime te rencontrer et savoir que tu t’intéresses à lui.

Valentin est beaucoup plus qu’un « nowhere ». Plus qu’un « nobody ». Sous sa carapace se cache un être doux et intelligent. Il aime apprendre.

Valentin ne l’a pas facile. Il est difffférent, rejeté et isolé. 

C’est durant la période que nous avons marché ensemble qu’il a travaillé à la bibliothèque du Cégep de Granby. Un stage d’intégration d’environ un an. Comme il était fier. C’était très valorisant. Il pouvait faire plus que seulement entrer des adresses dans un ordinateur. Pendant cette période, il faisait beaucoup de recherche sur Internet. Il aimait connaître.

Valentin avait une vie hors norme et il était laissé à lui-même.

Il y a plus de cinq ans, nos chemins se sont éloignés. De mon côté, j’avais une belle famille et une vie active. Je n’ai pas su de quel côté il a poursuivi sa route… jusqu’à ce lundi lorsque j’ai vu son visage dans La Voix de l’Est avec le titre : « Arrestation d’un Granbyen pronazi ».

Une chance que j’étais assis, sinon je serais tombé à la renverse ! QUOI ! IMPOSSIBLE ! QU’EST-IL ARRIVÉ POUR QUE VALENTIN SOIT DANS UNE TELLE SITUATION ? 

J’ai rapidement lu l’article, sans aller aux références. Oui, il est fort possible que Valentin soit obnubilé, obsédé par des sujets de lecture. Oui, il est aussi fort possible que ces lectures l’aient dirigé vers un quelconque extrémisme. Il passait déjà beaucoup de temps à faire des recherches sur Internet. Et du temps, il en avait. 

Oui, c’est extrêmement malheureux qu’il exprime son mal-être en tenant des propos ignobles et décadents. Mais jamais le Valentin que j’ai connu n’userait de violence physique pour exprimer un mal-être ou une frustration, une conviction ou quoi que ce soit. 

Moi aussi, tel qu’il l’a dit, je crois qu’il ne craint pas la justice, mais le regard des autres. 

Je ne crois pas davantage qu’il soit un dangereux terroriste. Selon ce que je connais bien de lui, il est dans une spirale de rejet. Il est isolé et sans soutien. Il a cherché à combler son vide en puisant au fanatisme attirant et facilement accessible pour lui : par les réseaux sociaux.

Pauvre Valentin, on te piétine… on te met en première page et on te décrit comme un terroriste au nom de vouloir éviter des situations extrêmes visant les minorités rejetées… 

Tu es un « rejeté ». Oui, il faut chercher à prévenir les malheureux attentats. Mais faut-il le faire en sacrifiant un mal-aimé au passage ?
Pourquoi ne pas chercher à connaître la vie, le milieu, les alentours de la personne avant de la décrire comme un voleur et de la traîner en justice menottes aux poignets. 

Qu’avez-vous fait ? Pauvre Valentin ! Non, tu n’es pas seul ! Pas tout à fait seul…

Ton ami, Michel Laurin.

Michel Laurin

Granby