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S’inspirer de la Finlande en matière d’éducation

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LA VOIX DES LECTEURS / Les enseignants au primaire et au secondaire se battent corps et âme pour obtenir des conditions à la hauteur de leur travail et de leurs compétences. Manque de reconnaissance, salaire insuffisant, surcharge de travail, ressources inadéquates : les enseignants lèvent leur voix pour que le gouvernement leur offre des conditions dignes du système d’éducation que le Québec souhaite bâtir. Les récentes grèves ne font que témoigner de la lenteur des négociations et de l’urgence de la situation.

Pendant que les enseignants québécois doivent travailler à la sueur de leur front pour obtenir de meilleures conditions, des pays comme la Finlande traitent leurs professeurs aux petits oignons. Depuis plus d’une décennie, la Finlande s’est hissée au sommet des palmarès des meilleurs systèmes éducatifs selon les enquêtes PISA organisées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La principale cause expliquant leur succès est la grande valorisation des enseignants dans la société finlandaise. Pour obtenir le titre d’enseignant, un Finlandais doit compléter une maîtrise. Ce programme universitaire est très contingenté, seulement 10 % des étudiants y sont admis. La formation insiste à la fois sur les compétences académiques et interpersonnelles des futurs diplômés.

Étant donné que le parcours impressionnant des enseignants est reconnu chez la population, cette dernière accorde un prestige important à cette profession comparable à celle des médecins et des avocats. Une fois sur le terrain, on accorde beaucoup de liberté aux enseignants, en qui la société a grandement confiance.

De plus, un soutien scolaire est accessible aux élèves finlandais puisque les enseignants possèdent les ressources nécessaires pour les aider. Il est intéressant de noter que les budgets publics accordés à l’éducation en Finlande sont très similaires à ceux du Canada et que l’école y est également gratuite.

À mon humble avis, le gouvernement québécois devrait s’inspirer de la Finlande afin d’offrir aux enseignants les conditions qu’ils réclament depuis bien trop longtemps. Prévoyant les embuches qu’ils auront à traverser, plusieurs jeunes décident de ne pas étudier dans le domaine de l’éducation au Québec. Pourtant, la qualité du système passe d’abord par la qualité du corps enseignant. Il est donc primordial de redonner une image valorisée à cette magnifique profession.

En outre, en offrant des ressources adéquates aux enseignants, le gouvernement leur permettra d’offrir une aide personnalisée à leurs précieux élèves. Par le fait même, cela pourrait réduire le nombre de redoublements scolaires chez les jeunes en difficulté, un concept presque inexistant en Finlande. Les enseignants québécois n’ont actuellement pas les ressources nécessaires pour faire de la prévention.

Il est important que la gestion de notre budget soit modifiée afin d’en faire profiter les professeurs et leurs élèves. Il ne faut jamais oublier que les citoyens de demain sont présentement assis sur nos bancs d’école. Un personnel dévoué est déjà prêt à passer à l’action, il faut simplement que le gouvernement lui donne les moyens d’accomplir sa mission.

Camélia Gouin, étudiante au Cégep de Granby en sciences humaines

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