Anny, alias la fée des bois de Shefford.
Anny, alias la fée des bois de Shefford.

Sidérés par la crise collective, mais pas démunis

LA VOIX DES LECTEURS / Qui aurait cru, il y a un mois encore, que toutes les institutions publiques outre la santé, les machines économique, éducative et récréative comprises, s’arrêteraient du jour au lendemain ? Personne, à part quelques prophètes et visionnaires, et encore…

Le fait est qu’outre les ermites, les hommes des bois et les communautés autochtones éloignées, rien ou si peu de leur quotidien ne changera, ce qui est loin d’être le cas pour nous.

Mais l’atmosphère, les insectes et les oiseaux s’en réjouissent, ironiquement, nos poumons et sinus aussi, car nos machines confinées et au repos, elles aussi, ne crachent plus leur gaz malodorant!

C’est nous, les homos et fameuses sapiens, sociaux et communautaires du sud, qui souffrent le plus de la distanciation avec nos semblables, et même les sauvagesses plutôt solitaires comme moi le digérons mal.

Rien à voir avec les détresses des réfugiés, Indiens et autres Africains, eux dans la vraie misère, en carences d’abris, d’eau et de nourriture… ne les oublions pas.

Mes amis de France, dont plusieurs issus de familles de médecins, plus confinés que nous depuis presque un mois, ne comprennent pas que nous sortions encore sans masque, la façon éprouvée, outre l’hygiène accrue et la distanciation, pour vraiment cesser de propager le virus.

Pourquoi aussi notre bon gouvernement actuel ne promeut pas cette protection, une mesure simple et accessible ? Ce ne sont pas les bons plans ni les patrons qui manquent sur le net… même La Voix de l’Est en a traité il y a quelques jours.

Oui, moi aussi je suis de cet avis : on n’est plus en 2012. Alors, quand on sort en public, pour nous protéger autant que les autres, ne serait-ce que pour les courses, il nous faudrait revêtir chacun son masque! (Et le laver souvent au savon, organique si possible).

À la vue des données, personne ne peut nier que la plupart des victimes sont les personnes âgées et celles déjà hypothéquées côté système immunitaire. Un peu comme les 15 000 ainés, dont feu mon papa Antoine, morts en 2003 durant la canicule de pneumonie ou qui sait, d’un virus jamais déclaré ?

Je sais que Santé Canada interdit toute information concernant des remèdes éventuels du corona et je ne me hasarderais pas dans ces plates-bandes, même si je trouve qu’il y a beaucoup à dire, écrire et faire côté prévention.

Le budget de la santé représentant déjà 50% du budget provincial sera de plus en plus plombé par la courbe démographique et ce fichu virus …

Soit, je réserve mes conseils à mes proches, ma famille et ceux qui veulent bien croire aux pouvoirs des arbres, des feuilles et fleurs, leurs essences et extraits divers, transmis depuis des millénaires et pas seulement par des sorcières.

En Europe d’ailleurs, ce sont souvent les pharmaciens qui sont aussi herboristes et aromathérapeutes. Je les salue de nous nourrir de leurs connaissances généreusement partagées.

Sinon, au quotidien, comment tuer l’ennui et alléger la solitude ?

À part les mauvaises nouvelles redondantes, Bonsoir bonsoir, il n’y a plus rien de bien stimulant à la TV ces jours-ci, les meilleurs téléromans étant interrompus ou condamnés. Sur le net par contre, ça grouille de créativité : au réveil on commence par la lecture des journaux virtuels dont La Voix de l’Est sur Facebook.

Ensuite YouTube offre en ligne dans l’ordre de l’horaire quotidien : méditation, gymnastique, cours de cuisine (avec des directs tordants comme la cuisine en compagnie de Kiki avec l’ex-Granbyen Akim Gagnon), du jardinage en ligne, ou même d’orgue électronique comme en suit mon ami Denis.

Aussi, je ne saurai me passer de ma balade quotidienne en forêt. Je partage cet adage de Romain Gary, écrivain préféré de notre premier ministre François Legault, (à ne pas confondre avec son homonyme l’agent d’artiste de mon fils) : `La liberté est fille des forêts, c’est toujours là qu’on se réfugie quand ça va mal`. Ma grand-tante Louise qui a survécu grâce à ses connaissances du bois et ses ressources à deux épidémies et trois guerres, serait d’accord avec ça.

Chaque jour, je m’offre une promenade vitale au bois lointain ou voisin avec souvent la rédaction d’un poème par jour Napomo (de national poetry month), un bain de soleil et une prière au Grand Esprit en prime.

Les meilleures journées sont entrecoupées d’échanges caméras ou téléphoniques avec mes enfants, parfois des amies de France au loin, dont certaines retrouvées quarante ans plus tard!

Bientôt je suivrai même un cours d’écriture romancée avec Jean Barbe pour rédiger mon septième livre, et me joindrai à des sessions de danse ou de Biodanza avec Maira Martinez.

Pour finir la journée en douceur, je me laisse border par les douces berceuses de Pascale St-Pierre via Facebook.

Tout cela remplit bien une journée, un mois et plus, qui sait ?

On verra, comme dirait le prem’s!

Courage et confiance à vous toutes et tous. Bientôt ça va mieux aller, surtout si vous y mettez du vôtre!

Anny, alias la fée des bois de Shefford.