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L’anthropologue, auteur et homme de radio Serge Bouchard a succombé à un arrêt cardiaque dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 73 ans.
L’anthropologue, auteur et homme de radio Serge Bouchard a succombé à un arrêt cardiaque dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 73 ans.

Serge Bouchard et moi

La Voix de l'Est
La Voix de l'Est
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LA VOIX DES LECTEURS / Je suis pensif ce matin, triste. La mort d’un homme que je ne connaissais que par certaines lectures, par la radio. Certes, j’avais lu quelques-uns de ses livres, je l’entendais parfois à la radio.

J’avais avec lui de trop rares rendez-vous, mais chaque moment passé à le lire ou à l’écouter me transportait.

J’étais comme un enfant à qui on lisait des histoires de cowboys et d’Indiens. Les cowboys étaient souvent des remarquables oubliés, des Canadiens français, des francophones d’Amérique, l’histoire d’hommes et de femmes qui avait comme point de départ le Québec. Les Indiens s’appelaient Sacajawea, Kondiaronk, Pied de corbeau, Wendak, Huron et Iroquoiens.

Son regard sage de ce qu’était le Québec de son époque décrivait presque le mien. Je partageais souvent les mêmes inquiétudes de l’époque actuelle.

Il m’a donné le goût de connaître mes remarquables oubliés, tout d’abord mon père, ce remarquable, mon héros de guerre, un homme de son époque. Peu instruit, volontaire parti combattre dans les vieux pays, dont la solde servait à supporter ses frères et sœurs, car ce père devenu orphelin était l’ainé de sa famille. J’ai pu aisément remonter ma généalogie et même marcher sur la terre du premier Billaudeau, Jacques, arrivé en 1656 sur l’île d’Orléans, au village de Sainte-Famille. Sur une plaque des 30 grands bâtisseurs de l’île, son nom y apparaît.

Puis, ma remarquable, ma mère Pauline, qui naquit dans un quartier populaire de Montréal, veuve trois fois, qui donna naissance à dix enfants, dont cinq sont morts à la naissance et deux autres moururent plus tard : René, décédé d’une leucémie à l’âge de 32, et Diane d’un cancer dans la cinquantaine. La trace de l’histoire des Allarie s’arrête tôt avec ma grand-mère, Clara Bois qui, selon une légende familiale, était autochtone. Je n’ai retrouvé aucun document qui me permet de l’affirmer.

Cette photo montre notamment une jeune Clara Bois, à gauche

Je ne connaissais Serge Bouchard que par certaines lectures, que par la radio. Il m’aura surtout appris à aimer notre histoire de francophones, de métissés, d’Indiens. J’ai appris qu’il existe des gens ordinaires qui ont des histoires extraordinaires, d’admirables oubliés, et que les grands moments de notre histoire se retrouvent souvent dans la petite histoire de nos familles.

Merci Monsieur Bouchard.

Michel Bilodeau

Bromont