Se mettre la tête dans le sable

LA VOIX DES LECTEURS / À l’annonce d’un grand danger, bon nombre de citoyens ont le réflexe de se mettre la tête dans le sable. Ils zappent vers des propos supposément plus nuancés. La vérité n’est pas toujours facile à entendre et certains en profitent pour rappeler que toute vérité n’est pas bonne à dire...

Apparemment, selon de pseudo-sages, il faut surtout éviter d’alarmer les âmes sensibles. Mais comment réagir devant non pas de fausses nouvelles, mais devant de graves événements que vivent des millions d’êtres humains depuis deux ou trois décennies ? Devant ces tristes réalités qui en obligent certains à quitter leur coin de pays après avoir perdu tous leurs biens ? 

L’Australie brûle ! La Californie brûle ! Avons-nous le droit de le dire, de le crier comme l’ont fait et le font encore aujourd’hui des milliers de jeunes ?

La question est toujours la même : quels gestes individuels et collectifs avons-nous l’obligation de faire aujourd’hui pour réduire la cause de ces catastrophes ? 

Parce que, croyez-le ou non, nous connaissons la cause de ces désastres. Ces actions positives sont nombreuses ; des milliers de citoyens les posent déjà, mais beaucoup d’autres hésitent à s’engager. On ne parle pas ici des climatosceptiques ; ils sont irrécupérables. Les faits et les énoncées scientifiques ont peu d’influence sur leurs opinions. 

De façon plus constructive, les plans d’action s’adressent à ceux et celles pour qui la vie et la santé de chaque être humain sont importantes : les gens d’ici. Les gens ailleurs, les générations actuelles, les générations futures. C’est une question d’éthique fondamentale et de solidarité élémentaire.

Madame Lorraine Paquette rapportait dans une lettre parue le 15 janvier dernier dans La Voix de l’Est que « . . . de 1990 à 2015, si l’accroissement du nombre d’automobiles au Québec a été de 17 %, celui des camions légers (fourgonnettes, camionnettes et VUS) a, quant à lui, été de 215 % ! Les VUS émettent 1,44 fois plus de GES qu’une automobile ? Avons-nous vraiment besoin de ces gros véhicules énergivores et polluants pour nos déplacements quotidiens ? », demandait-elle. 

Contrairement à ce que rétorque Jacques Fournier dans sa lettre parue le 24 janvier, ces statistiques ne sont pas grossières, elles sont bien réelles. 

Les nuances apportées par M. Fournier ne changent rien à la réalité des statistiques. Par contre, croire que le bannissement de ces véhicules pourrait générer le décrochage de bon nombre de personnes, ce n’est pas une nouveauté, c’est déjà la réalité, du moins au Québec. 

Malgré les inondations des dernières années, les verglas des derniers hivers, l’arrivée de moustiques porteurs de maladies et les canicules des derniers étés, les Québécois ont augmenté l’achat de fourgonnettes, de camionnettes et VUS.

Le feu est pris et on continue à jeter de l’huile sur le brasier. 


André Beauregard 

Shefford