Les plans du futur centre aquatique de Granby

Savoir gérer

À la séance extraordinaire du 5 décembre 2012, pour le dépôt du budget, le maire Richard Goulet disait :
« À date en 6 ans, on a fait pour 200 millions $ d'infrastructures, pis on a une dette, mettez-la à 80 millions $, à la fin de 2012. On a quand même payé 120 millions $ comptant. [...]  On a payé 120 millions $ sur 200 millions $. Je trouve que c'est un beau résultat, on devrait être même applaudi pour ça. »
M. Pascal Bonin était présent et avait même voté contre le budget 2012. Un an plus tard, il se présentait à la mairie. Voici ce qu'il disait le 15 mai dernier afin de mousser son projet de centre aquatique :
« Le conseil de ville empruntera 8 millions $ qu'il va mettre sur le fonds général de la Ville, ce qui théoriquement amènerait la dette à 82 238 000 $ [...] Depuis notre arrivée en fonction - le nouveau conseil -, nous aurons fait un total de 123 millions $ de travaux payés comptant. Ceux qui s'amusent à dire qu'on ne sait pas gérer, je pense que vous pouvez écrire des éditoriaux du contraire. »
Avec des propos aussi similaires, comment puis-je dire que le conseil de M. Bonin gère la Ville différemment du conseil de M. Goulet ? Dire que M. Bonin gère la Ville correctement, c'est dire que M. Goulet faisait de même.
En fait, ces chiffres, bien que véridiques, ne sont que de la poudre aux yeux pour bien paraître.
En lançant un « 123 millions $ de travaux payés comptant », on le compare avec un 23 $ pour une piscine. Vraiment injuste comme comparaison.
Déjà, le 23 $, c'est sur 20 ans. M. Goulet faisait des emprunts sur 10 ou 15 ans. Ce n'est donc pas positif et on s'engage sur la mauvaise voie.
Vingt-trois dollars, c'est quoi concrètement ? C'est 1 ¢ par année, pendant 20 ans, sur le taux de taxes. Cent vingt-trois millions de dollars sur 4 ans, c'est quoi concrètement ? C'est 50 ¢ sur le taux de taxes chaque année. Le 120 millions $ sur 6 ans de M. Goulet, c'était sensiblement la même chose aussi (l'évaluation foncière était moins élevée à cette époque).
Ce n'est pas un exploit de payer comptant avec l'argent qu'on leur donne : c'est ce à quoi servent une partie de nos taxes. La partie restante sert à payer l'entretien et les services, comme le déneigement et la police.
En empruntant 8 millions $, les conseils des 20 prochaines années n'auront plus 50 ¢ pour payer comptant, ils auront 49 ¢. Ils devront donc soit couper 1 ¢ quelque part ou augmenter le taux de taxes de 1 ¢ pour maintenir les services actuels. Le conseil de M. Goulet avait fait le même style de gestion, créé le même genre de problème et le conseil de M. Bonin a choisi quoi ? Augmenter le taux de taxation pour maintenir les mêmes services. Aujourd'hui, il refait la même erreur que son prédécesseur.
Le conseil aurait pu payer le centre aquatique comptant. Le projet est prévu depuis 4 ans et ne sera terminé que l'année prochaine. En 5 ans, il aurait fallu qu'il trouve 1,6 million $ chaque année, soit 2,6 ¢ chaque année pendant 5 ans au lieu de 1 ¢ pendant 20 ans. La différence entre les deux ? Les intérêts.
C'est facile de piger dans le budget des futurs conseils en disant « Ça n'a aucun impact sur notre compte de taxes ». C'est autre chose de faire les choix difficiles lorsque nous sommes aux commandes.
Et faire les choix difficiles avec les moyens qu'on a, ça, c'est savoir gérer.
Denny O'Breham
Granby