Sauver une chaîne de travailleurs

LA VOIX DES LECTEURS / Même si beaucoup de choses ont été dites et écrites quant à cette préoccupation de soutenir nos médias locaux dans la crise actuelle, j’ose y mettre mon grain de sel.

Plusieurs semblent penser que les médias électroniques vont accepter de partager leurs revenus de publicité afin d’aider financièrement nos petits et grands médias écrits. Moi, je crois plutôt que l’on devrait interdire tout accès à nos journaux pour ces médias dits « électroniques ».

Je pense que nos gouvernements, avec l’aide du CRTC, peuvent légiférer dans ce sens. C’est vrai que plus personne ne pourrait, à l’avenir, lire des extraits de journal sur leur tablette, mais toute la publicité reviendrait là où elle doit être.

Par contre, je comprends qu’il est pratique pour beaucoup de monde d’avoir accès à l’actualité autrement que par les journaux, surtout chez les jeunes, mais les journaux électroniques ont les moyens de leur fournir ces principales informations autrement qu’en les copiant intégralement dans les journaux, et ce, gratuitement.

Souvenons-nous que le journal La Presse, qui se vantait d’être à l’avant-garde avec la presse électronique, est maintenant disparu [Note de la rédaction : ce quotidien existe via l’application numérique La Presse+ et sur le Web.]. Je comparerais ce que l’on vit actuellement à l’avènement des guichets automatiques dans les banques.

Je me souviens que les caissiers et caissières étaient obligés de nous inciter à utiliser ces guichets au risque de perdre leurs emplois. C’est d’ailleurs presque fait complètement. Nous assistons à un tel phénomène de plus en plus réel. Je n’ai qu’à vous dire «veuillez mettre l’article dans le sac» et vous allez comprendre.

Personnellement, j’aime bien lire La Voix de l'Est le matin en prenant mon café, comme je le faisais auparavant avec Le Quotidien au Saguenay. Il y a une foule d’informations locales inaccessibles sur Internet et je peux même parfois contribuer au journal par des lettres d’opinion.

N’oublions pas que ce ne sont pas seulement que les employés de ces journaux que nous sauvons en les soutenant, mais toute la chaîne de travailleurs concernés par la production de papier. Tout comme l’eau douce, la forêt est encore une de nos richesses collectives et pour toutes ces raisons, j’accepte facilement de continuer à payer pour recevoir ces journaux.

Yvon Lavoie - Granby