Rue de Verchères : une situation préoccupante

LA VOIX DES LECTEURS / En réponse aux articles concernant le développement de la rue de Verchères, comme de nombreux citoyens de la ville de Granby, je suis pour le moins préoccupé par cette façon de faire en 2020.

Ce développement est adjacent à un vaste quartier qui était régi selon les règles de terrains sans aucun service. Cela représente un défi et des contraintes pour la Ville et pour un constructeur qui a choisi de se porter acquéreur de ces terrains. Pour rassurer les citoyens inquiets qui avaient constaté le dynamitage et la destruction de la forêt pour le développement de la rue Quévillon, le maire Pascal Bonin répondait ainsi dans La Voix de l’Est du 25 août 2015 : «Le maire Bonin a toutefois soutenu que les citoyens étaient gagnants dans l’entente conclue avec le promoteur Duchesneau, soulignant notamment qu’une bande d’arrières lots de 20 mètres de large avait été négociée, de même que la conservation de 50% de l’environnement naturel. La rue serait aussi recentrée, permettant un lotissement mieux équilibré.»

Si «on ne s’amuse pas à déboiser pour le fun», mais pourquoi le fait-on?

Il y a des décennies, on enfouissait tous les déchets dans la terre. N’y a-t-il pas un ancien site d’enfouissement tout près de ce quartier? Des garages vidangeaient l’huile à même le sol et on ne se préoccupait pas de recyclage et de compost...

Avec ce qu’on sait maintenant sur l’impact de ces gestes, toute la société a évolué et des règles ont été établies. Il n’est pas question pour un citoyen d’enfreindre une règle parce qu’il y a une impasse, surtout si on détruit des arbres plus vieux que nous tous. Est-ce différent pour une entreprise? Tout comme un PIIA est plus complexe pour un constructeur, c’est plus complexe aussi pour les citoyens de gérer les déchets, le recyclage et le compostage. Chacun choisit le citoyen qu’il veut être et agit de façon responsable, ou il empêche notre communauté d’avancer.

Autre argument : ce serait pour une question «esthétique» que des bandes de forêts ont été détruites. Je pense que les acheteurs de ces terrains choisiraient rapidement entre des arbres et des fils électriques dans leur cour. Les arbres ne font pas qu’augmenter le prix d’un terrain, mais cela contribue entre autres à la santé de la communauté. La hausse de fréquentation du Parc écologique Pierre-Horace-Boivin (Boisés Miner) et Terry-Fox a aidé à maintenir la santé de beaucoup de citoyens ces derniers mois.

De plus, les futurs propriétaires de ce quartier aimeront sûrement vivre dans un milieu naturel, mais ils ne pourront pas non plus avoir un gazon super esthétique parce que la Ville règlemente l’usage de pesticides. Quoiqu’il reste peut-être quelques citoyens qui ne respectent pas les règles et qui traitent leur gazon comme il y a 20 ou 30 ans.

Clément Roy 

Granby