Registre québécois des armes à feu: qui n’a pas encore compris ?

LA VOIX DES LECTEURS / Ces jours-ci, le débat, les discussions et les tergiversations à propos du registre québécois sont à l’honneur. Encore! Pourtant, depuis plus de 30 ans (mes excuses les plus plates aux moins de 30 ans), tout a été dit sur le sujet: les vraies questions ont reçu les réponses, les chiffres, les données et les statistiques nécessaires; les argumentaires ont été mis sur la place publique, etc.

Tout a été dit. Pourtant, s’élèvent encore des voix comme celle de la Fédération des chasseurs et des pêcheurs, par la voix de son président, Marc Renaud.

Qui n’a pas compris que ce ne sont pas les chasseurs qui sont visés (excusez-la!)? Que le premier objectif des agents de la faune ne sera pas de piéger (excusez encore) les chasseurs? Qui n’a pas encore compris?

Là n’est pas le problème.

Du temps où le registre fédéral était opérationnel, il était consulté 900 fois par jour par les corps policiers, et pas pour vérifier si un chasseur avait dépassé son quota de perdrix... 

Pour dresser un registre complet, celui-ci doit contenir toutes les armes sur le marché. TOUTES!  Les armes de chasse, les armes de poing, les armes d’assaut: toutes. À quoi sert une arme, de poing, d’assaut ou de chasse? À tuer. L’arme n’a pas d’autre fonction.

Il m’apparaît évident qu’il faut exercer un certain contrôle.

Donc, la Fédération  des chasseurs et des pêcheurs devrait avoir comme objectif primordial de respecter les lois et d’exiger de ses membres qu’ils respectent, eux aussi, ces lois.

Quand une fédération est créée, il me semble que toute personne responsable se doit de considérer important que celle-ci fasse respecter les lois par ses membres, non?

Deux éléments de tous ces propos et objections à la nouvelle loi québécoise m’interpellent, me sautent aux yeux, me font réagir fortement.

D’abord, Harper a vandalisé, détruit, saccagé le registre qui contenait les données québécoises. Si cet homme-là avait travaillé pour une firme privée et qu’il avait détruit, saccagé et vandalisé un logiciel ou un programme informatique de plusieurs millions de dollars, aujourd’hui, il serait en prison au lieu de se la couler douce avec une pension payée par nous tous. 

Prenez des notes, M. Renaud, vous qui suggérez au gouvernement provincial des manières d’économiser. Vous et vos membres payez pour ce grand homme et pour ce saccage.

J’ai honte de voir que certains Québécois sont presque de connivence avec ce destructeur. J’ai honte que nous, les Québécois, n’ayons pas relevé la tête pour dire:  « Harper tu nous a pris pour des corniauds! Ce que tu n’as pas compris, nous on l’a compris!»

Ensuite, et surtout, si le registre des propriétaires québécois d’arme à feu peut sauver une vie, une seule vie, en échange d’une demi-heure de temps d’inscription, pas plus, et d’un montant minime, ca vaut la peine.

Qui n’a pas encore compris cela, à part Donald Trump? Qui?

Angélina Lagacé - Rougemont