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Réduire le fossé entre les générations

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LA VOIX DES LECTEURS / La COVID-19 nous aura forcés, en tant que société, à revoir nos façons de faire, notamment, dans le réseau de la santé et des services sociaux et les milieux de vie pour aînés, dont les résidences privées (RPA).

Il est important que les événements malheureux de la première vague, tels que le confinement plus restrictif dans des RPA, génèrent une réflexion collective pour encore mieux répondre aux besoins des aînés, assurer leur sécurité, tout en favorisant leur bien-être, leur qualité de vie et le maintien ou le développement de leur autonomie.

Aujourd’hui, plus que jamais, il faut reconnaître les multiples dimensions du vieillissement de la population en reconnaissant sa pluralité.

Mieux répondre aux besoins des aînés, c’est aussi favoriser leur inclusion dans la société. Cette inclusion passe, entre autres, par la reconnaissance de la diversité des populations et le rapprochement entre les générations. Il faut éviter de ghettoïser les aînés dans des quartiers réservés pour eux. On doit encourager la mixité des générations. La diversité des générations favorise une meilleure compréhension des étapes de la vie. L’âgisme et le jeunisme seraient sûrement moins présents si nous nous préoccupions plus de l’intégration entre les générations pour briser certains tabous.

Et si « l’intergénérationnalité » était la solution? Les initiatives intergénérationnelles contribuent à réduire le fossé entre les générations, à déconstruire des idées préconçues, à créer ou à recréer un tissu social et à rendre la société plus humaine et inclusive. Il s’agit d’apprivoiser l’autre qui, a priori, semble si différent de soi. Il est important de valoriser les activités qui permettent un échange d’expériences ou de connaissances. Dans les années 50, il n’était pas rare de voir un aîné intégrer le domicile de l’un de ses enfants, à la suite du décès du conjoint, notamment dans le milieu rural.

Et pourquoi pas un projet de cohabitation entre des étudiants et des aînés dans les RPA? Une telle initiative sensibilise les jeunes à la vieillesse parce que, oui, les réalités pouvant être associées au vieillissement, telles que la maladie, la perte d’autonomie fonctionnelle, l’isolement, la mort sont difficiles, mais accompagner les aînés dans ces étapes de leur vie apportent une belle richesse. En encourageant l’intergénérationnalité, on favorise une meilleure connaissance de l’autre. En apprivoisant le vieillissement et les réalités pouvant y être associées, travailler auprès de personnes aînées devient plus attrayant. Serait-ce également une solution à l’enjeu de recrutement de main-d’œuvre auprès des aînés?

Au regard de la situation actuelle et passée, la réalisation de changements s’impose. Il importe, plus que jamais, de mener un vaste chantier de recherches et d’innovations, pour apporter des solutions novatrices ou repensées et des possibilités séduisantes pour les aînés, afin de contribuer au développement de milieux de vie encore plus sains, sécuritaires et inclusifs. Il s’agit là d’enjeux transversaux et interdépendants.

Nathalie Mercier, directrice du Centre collégial d’expertise en gérontologie

Marie-Ève Bédard, Ph.D., chercheure responsable du projet de recherche-action Pour des milieux de vie sains, sécuritaires et accueillants : identifier, implanter et évaluer des initiatives intergénérationnelles

Julie Castonguay, Ph.D., chercheure responsable du projet de recherche-action Favoriser les liens et la cohabitation intergénérationnels aux Résidences Pelletier