Soyons clairs, nous voulons tous avoir de belles rues à Granby. Nous aimerions tous avoir des fleurs, des arbres, des fontaines et des places publiques bien aménagées à tous les coins de rue ; les commerçants, les premiers.

Réaménagement du centre-ville (2e partie)

Voyons d'abord l'ampleur de la dépense pour le réaménagement du centre-ville. Le coût total des travaux serait de l'ordre de 15 millions $, le maire ayant même montré une ouverture à dépenser beaucoup plus si on lui en fait la demande. Ceci inclut des travaux d'égout et d'aqueduc, des travaux qu'on pourrait estimer à 5 millions $. Ce qui nous laisse 10 millions $ pour l'aménagement d'une portion de 1 km de la rue Principale.
Soyons clairs, nous voulons tous avoir de belles rues à Granby. Nous aimerions tous avoir des fleurs, des arbres, des fontaines et des places publiques bien aménagées à tous les coins de rue ; les commerçants, les premiers. Dans une communauté, on parle d'équité entre les citoyens, alors, que représentent 10 millions $ pour 1 km de rue ? Il y a 500 km de rues à Granby. Si on prend pour acquis que les aménagements dureront 50 ans (du jamais vu pour le centre-ville), il faudrait investir 100 millions $ chaque année - pour le restant de nos jours - pour pouvoir embellir toutes les rues de Granby comme cette portion de la rue Principale. C'est le budget total de la ville. Il faudrait plus que doubler le taux de taxes pour boucler un tel budget. Je vous rappelle qu'on ne parle pas de construire les rues, les égouts et les aqueducs ; seulement d'embellir nos rues et nos espaces publics.
En première partie, je vous disais vouloir parler d'histoire. Je continue sur cette lancée en répétant les écrits de M. Philippe Lussier publiés en ces pages le 20 mars 2010, et qui nous défini les quatre façons de dépenser de l'argent :
Dépenser son argent pour soi-même ; on s'assure du rapport qualité/prix
Dépenser son argent pour quelqu'un d'autre ; on se préoccupe du prix seulement
Dépenser l'argent des autres pour soi-même ; on se préoccupe de la qualité seulement
Dépenser l'argent des autres pour autrui ; on ne se préoccupe ni de la qualité ni du prix
 Le groupe de travail consultatif pour le réaménagement du centre-ville est majoritairement constitué de personnes - notamment des gens d'affaires prospères et nantis - de la troisième catégorie : ceux qui dépenseront l'argent des autres pour eux-mêmes. Pour bien représenter la population, il devrait y avoir 5 personnes provenant du Canton sur les 25 membres du groupe. Ce serait intéressant qu'il y ait des commerçants du Canton dans le groupe aussi et voir ce qu'ils ont à suggérer pour l'aménagement du centre-ville, là où résident leurs concurrents.
Mais il y a une solution beaucoup plus simple pour freiner l'ardeur du groupe de travail consultatif. Il s'agit de décréter qu'il y aura une taxe d'amélioration locale pour les travaux. Après tout, il y a visiblement un aspect commercial à cet investissement et cela devrait augmenter la valeur des propriétés riveraines. De cette façon, les membres du groupe deviendront des gens de la catégorie 1, soit des gens qui dépensent leur argent pour eux-mêmes. Du même coup, les commerçants et résidants locaux se sentiront aussi beaucoup plus impliqués et vous aurez une véritable consultation publique du milieu concernant ce qui est nécessaire et ce qui ne l'est pas. Même si cette taxe locale ne couvre qu'une partie des frais, elle fera un effet à coup sûr.
Le seul investissement valable dans une communauté est celui qui est volontaire, fait par celui qui en défraie les coûts.
Denny O'Breham
Granby