Réagissons ensemble face à la légalisation du cannabis

CARREFOUR DES LECTEURS / Depuis quelque temps, une pensée d’Albert Einstein hante ma réflexion sur la légalisation prochaine du cannabis : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

Dernièrement, le Pape François a pris la décision de cesser de vendre des cigarettes au Vatican alors que cette activité commerciale lui procurait une source de revenus de près de 10 millions d’euros par an. Le communiqué expliquant le motif du Saint-Père est « qu’aucun profit n’est légitime s’il met en danger la vie des personnes. »

Au cours des derniers mois, lors de la consultation publique sur ce sujet, notre maire Pascal Bonin a livré un témoignage personnel remarquable sur les conséquences néfastes à long terme de la consommation du cannabis. Plusieurs spécialistes de la santé, notamment des psychiatres, ont soulevé également plusieurs effets destructeurs sur le cerveau humain, plus spécifiquement sur les personnes qui n’ont pas atteint l’âge de 25 ans. 

Malgré tous ces avertissements, les gouvernements persistent à légaliser le cannabis dès l’âge de 18 ans. Il semble que l’appât du gain est tellement puissant que les préjudices susceptibles d’atteindre les nôtres importent peu. J’ai parfois l’impression que le législateur adopte les attitudes des « Hells Angels ».

Laisserons-nous faire ou réagirons-nous à cet enjeu de notre société ? Personnellement, je suggère un amendement important à la prochaine loi fédérale. 

Comme il semble établi scientifiquement que, dans certaines circonstances, la consom­mation du cannabis puisse procurer à des gens des effets bénéfiques, laissons aux médecins la possibilité de prescrire cette substance à leurs patients et patientes. 

Refusons catégoriquement la vente de cannabis avant l’âge de 25 ans. En somme, écoutons ceux qui possèdent l’expertise sur ce sujet. Les juges de nos tribunaux n’appuient-ils pas leurs sentences sur l’avis d’experts ? Et nos politiciens et politiciennes eux se sentent autorisés à faire la sourde oreille à leurs recommandations.

Je vous avoue que je prie plus particulièrement pour les parents qui auront à faire comprendre à leurs chéris que ce n’est pas parce que quelque chose est légal, que cette chose est pour autant bonne en soi.

Je rêve de m’associer au maire Bonin et de mobiliser nos citoyens et citoyennes en marchant jusqu’au bureau du député Breton afin d’exiger des amendements à cette loi, sinon tout comme le Pape l’a fait au Vatican­, Granby montrera l’exemple aux autres municipalités et interdira la vente libre de cannabis sur son territoire.


Claude Lamoureux, prêtre

Granby