Radio-Canada: ICI les coupures

Depuis les dernières semaines, je me questionne beaucoup sur le sens à donner aux nombreuses critiques lues et entendues sur les coupures à Radio-Canada. Les commentaires émis font souvent référence aux animateurs, aux vedettes, qui apparaissent sur nos écrans de télé ou qui animent à la radio. Ces derniers, qui ne peuvent être aimés de tous, en font les frais. Allez, dehors les Lepage, McQuade, Lécuyer, Bazzo et j'en passe. Pourtant, beaucoup de jeunes journalistes, animateurs, techniciens et autres vont se retrouver sans emploi. De plus, la qualité des émissions, que ce soit à la télévision ou la radio, risque d'en souffrir. C'est vrai que les sommes d'argent versées y sont substantielles. Toutefois, pour avoir une télé publique de qualité, il faut investir. À ce chapitre, allez voir ce qui se fait ailleurs et comparez les sommes injectées (ex.: BBC). Pour moi, Radio-Canada est synonyme de qualité, de professionnalisme, pas de snobisme ou de nid à séparatistes!
Malgré mon préjugé favorable, il y a eu ces dernières années des choix très «questionnables» au niveau de la gestion. On n'a qu'à penser, entre autres, à la saga du ICI, ou au faramineux salaire versé à Don Cherry pour dire des inepties à Hockey Night in Canada.
Dommage que le président de la SRC/CBC, monsieur Lacroix, ne semble pas vouloir défendre plus farouchement ses employés. Selon ce dernier, les plateformes numériques seront la solution aux problèmes de rentabilité! Je n'y crois pas. Voir si les gens vont regarder des émissions sur un écran de tablette au lieu d'un écran 52 po!
De toute façon, le gouvernement Harper n'aime pas, et n'a jamais aimé, la société d'État. Même si les conservateurs savent dorénavant être capables de former un gouvernement majoritaire sans le Québec, il serait sage de leur part de ne pas oublier les francophones hors Québec, qui sont aussi touchés par ces vagues de coupures, qui frisent l'idéologie. Mon seul espoir de conserver une télé et radio publique digne de ce nom est l'élection d'un nouveau gouvernement aux prochaines élections.
En terminant, je n'enlève rien aux autres diffuseurs, qui font aussi des émissions de qualité. Par contre, leur mandat ne touche pas le Canada A mari usque ad mare (D'un océan à l'autre).
Michel Dufresne
Waterloo