Qui peut être contre l'optimisation ?

La plupart d'entre nous ont ce désir de rendre un meilleur service à la population.
La plupart d'entre nous pensent qu'il serait possible d'améliorer notre présence directe auprès de la clientèle moyennant une optimisation des processus et une diminution des tâches qui n'améliorent pas vraiment le service à la population.
L'optimisation n'est pas un terme global, il s'exprime en fonction d'une vision qui entraîne des cibles à atteindre.
Un gestionnaire se doit de répondre à la distribution des services en fonction des moyens attribués. Un professionnel doit répondre à des critères de qualité de ses actes professionnels en fonction des besoins identifiés par ses évaluations. Il est normal qu'il y ait une tension entre les deux, elle est saine et aboutit normalement à des réajustements de part et d'autre.
Le danger est de nous faire internaliser les cibles de gestionnaire au point de faire passer au deuxième plan notre jugement professionnel, et de faire endosser un rôle de gestionnaire au clinicien. Il s'ensuit un malaise, car l'optimisation pour un clinicien ne réfère pas aux mêmes cibles que celui du gestionnaire. Ce n'est pas parce que le terme optimisation est utilisé qu'il signifie nécessairement une amélioration du service à la personne.
Nous avons été engagés comme professionnels pour les qualités d'analyse et de jugement relatives à notre secteur, restons ancrés à cela.
Vinciane Peeters,
ergothérapeute en CLSC