Pourquoi se passer de Florencia?

Ceci est une réaction à l'article «une enseignante se bat pour travailler»
Nous connaissons Florencia Molina depuis quelques années. Tel que mentionné dans l'article de David Riendeau daté du 3 janvier, Florencia Molina, originaire d'Argentine et immigrée au Québec en 2004, a perdu après presque 8 ans de tolérance, «l'autorisation» d'enseigner au Québec.
Cela fait 7 ans consécutifs qu'on fait vivre à Florencia et à sa famille, à chaque début d'année scolaire, l'angoisse de ne pas être rappelée. Le 7 novembre dernier, le couperet est véritablement tombé tel qu'expliqué dans l'article.
Nous ne sommes pas expertes, probablement pas totalement objectives et ce n'est pas à nous de juger des compétences de notre amie; mais nous constatons plusieurs faits.
Premièrement, Florencia Molina détient bel et bien un diplôme d'enseignement; elle n'a pas été engagée au Québec pour enseigner les langues simplement parce qu'elle est hispanophone, mais bien parce qu'elle détient une formation en enseignement.
Deuxièmement, elle totalise 23 ans d'enseignement à temps plein, dont presque 8 ans au Québec.
 Troisièmement, aux deux écoles où elle est passée au Québec, elle est considérée «TOP compétente» avec des évaluations annuelles irréprochables.
Quatrièmement, elle est appréciée par tous: ses collègues, ses supérieurs, mais plus particulièrement des élèves et des parents qui ont même signé une pétition demandant qu'elle reste en poste. Florencia Molina a la vocation d'être enseignante; elle est engagée dans son travail; son talent est reconnu par ses pairs.
En tant que citoyennes pragmatiques et en solidarité avec Florencia Molina, nous demandons au MELS (ministère de l'Éducation) de reconsidérer de bonne foi sa situation et de prendre ses responsabilités. Nous comprenons parfaitement toute la complexité de la reconnaissance des diplômes étrangers et que la prudence est de mise, mais devant une situation aussi particulière, ne pourrait-on pas se prévaloir de la règle du gros bon sens?
Nous avons toutes la conviction profonde que l'apport de Florencia Molina à notre système d'éducation est positif, qu'il contribue à en rehausser la qualité et non le contraire. N'existe-t-il aucun mécanisme d'évaluation JUSTE de son expertise? Un seul de vos fonctionnaires pourrait-il regarder Florencia Molina droit dans les yeux et lui dire qu'elle n'a pas les compétences d'enseigner au primaire et au secondaire l'espagnol et l'anglais au Québec?
Nous croyons que Florencia Molina est victime d'un système complexe et inefficace et que les grands perdants dans cette histoire sont les Québécois!
Florencia et sa famille se sont parfaitement intégrées à la société québécoise. Son mari a un emploi, en deçà de ses compétences, mais c'est une autre histoire, et ses enfants étudient à l'université. Ils sont actifs, présents et appréciés dans leur milieu.
Florencia est débrouillarde, polyvalente; elle pourrait faire mille autres choses! Mais sa passion est d'enseigner aux enfants et c'est dans ce domaine qu'elle excelle. Pourquoi les Québécois devraient-ils se passer d'elle? Cela frise le ridicule...
 
Lise Savoie, agroéconomiste
Linda Breton, femme d'affaires
Claire Massicotte, enseignante de français
Anne Lemay, agente Recherche& Développement