Pourquoi pas un arbre de Noël vivant?

La tradition d’un arbre de Noël dans la maison est bien enracinée pour la majorité des foyers canadiens. Du temps de mon enfance (dans les années 60), on allait à la campagne, munis d’une hache, chercher un sapin ; il y avait toujours quelqu’un dans la famille qui avait une terre avec des sapins sauvages (entendre : non cultivés). Les voitures étaient à l’époque suffisamment grandes pour qu’on l’attache sur le toit. Parfois, on revenait avec une épinette de Noël que mon père considérait plus fournie. Mais c’était avant que je ne saisisse la différence entre les deux essences. D’après mes photos des Noëls d’antan, on peut dire que je me suis fait passer une épinette quelques fois. Aujourd’hui, il suffit de se rendre à un coin de rue achalandé pour acheter l’arbre bien emballé comme un saucisson que l’on s’empresse, une fois placé dans la maison, de parer des plus beaux ornements.

Pourtant, cet arbre qui symbolise Noël (du latin Natalis), donc la naissance, c’est-à-dire la vie, est bel et bien mort ou à l’agonie. Sa dépouille se retrouvera dès janvier avec les poubelles près du chemin. 

Cette année, nous avons décidé de célébrer la vie avec un arbre tout bien vivant. Comme je le faisais jadis, je suis allé à la campagne avec mon père, maintenant âgé de 92 ans, mais cette fois sans hache. Nous nous sommes rendus dans une pépinière à Bromont pour chercher notre arbre de Noël avec ses racines enveloppées d’une toile. Comme l’intention est de le replanter au printemps, nous avons choisi une épinette dont la reprise est plus facile. 

Il a fallu user de toute notre ingéniosité pour hisser le mastodonte dans la maison. Une fois transféré de la voiture à un diable (de manutention), nous avons franchi les marches de l’entrée avec des 2x6 d’épinette puis, à l’aide d’une toile coriace étanche qui servira d’enveloppe à la motte de racines, nous avons réussi à le placer dans la maison sur une mini palette (sous laquelle nous avons collé des feutres pour prévenir les égratignures). Il faut éviter le contact direct avec le plancher dont l’humidité pourrait l’affecter. On l’arrosera toutes les semaines jusqu’à la remise en terre au printemps. 

C’est vrai que l’aventure a demandé plus d’organisation que l’arrivée d’un arbre coupé, mais l’effort est largement compensé par le plaisir que nous aurons de voir cet arbre de Noël 2017 grandir sur le terrain de la maison. 

Cette option est bien sûr difficilement accessible à celles et ceux qui habitent un logement, mais vous pouvez encourager vos proches, qui ont peut-être une maison, à adhérer au concept. 

Chez nous, la tradition de l’arbre de Noël est maintenant bien enracinée dans tous les sens du terme. 

François Simard, Alternatives-végétales

Bromont