Pollution des fossés: une image de marque voulue?

Le dimanche 7 mai, je marchais le long de la rue Robichaud sur l'accotement, le long de l'asphalte, venant de la pharmacie Brunet, sur la rue Conrad, pour aller vers le Tigre Géant. J'ai vu dans le fossé contournant le terrain en friche sur toute la longueur de la rue, de nombreuses bouteilles de plastique de divers formats, dont les bouteilles vendues à l'unité pour boire. J'ai vu des verres de carton des commerces voisins jetés là, des pièces de polystyrène flottant sur l'eau, des sacs de plastique remis à l'achat dans les commerces, et de grands sacs de plastique flottant à moitié à la surface de l'eau, ou entre deux eaux, dans le fossé. Il y avait même deux sacs remplis de feuilles qui obstruaient complètement la largeur du fossé. J'ai vu sur l'accotement et dans le gazon en pente vers le fossé, des pailles à boire, des lingettes à essuyer, des mouchoirs de papier, de petits morceaux de carton, du tissu, un vêtement peut-être ?
C'est là l'image de marque bien tangible que voient les visiteurs du Zoo qui se stationnent le long de la rue Robichaud, l'été. Rien de bien ludique ! Non ! ! C'est là aussi les rebuts que voient les clients des commerces environnants. Rien pour inspirer à la propreté ! Mais, si on changeait ces comportements pollueurs de notre environnement ! !
Les objets de plastique rejetés insouciamment à l'eau, se dégradent sous le soleil, et libèrent des produits chimiques qui liaient ses microbilles de plastique. Cela est toxique pour la faune. On en retrouve dans l'estomac des oiseaux, des animaux marins du fleuve. Ces produits chimiques liant les microbilles sont bien souvent des substances toxiques, persistant dans l'environnement fort longtemps. Plusieurs de ces substances sont des perturbateurs endocriniens cancérigènes. Je pense ici au bisphénol A (BPA) interdit en France, aux polybromodiphényléthers (PBDE), et autres agents régis par Environnement Canada, utilisés par l'industrie pour assurer au plastique sa flexibilité, son inflammabilité.
À l'heure où la MRC révise son Plan directeur de l'eau (PDE), il importe de se questionner sur les conséquences de jeter des objets de plastique dans l'environnement, objets qui finissent souvent par se retrouver dans l'eau des fossés, des ruisseaux, des rivières et lacs, voire jusqu'à l'océan. Une solution simple serait de mettre près des commerces des avis de ne pas jeter d'objets dans l'environnement. Pourquoi les commerces autour du Zoo ne se doteraient-ils pas de poubelles nombreuses, visibles et accessibles, pour les visiteurs et leurs clients durant la période d'été ? La solution peut être plus catégorique : celle de ne pas vendre de bouteilles de plastique d'eau à boire, et de vendre plutôt des gourdes en offrant des fontaines à bec surélevé pour les remplir facilement, cela dans les commerces, sur le site du Zoo même, et partout ailleurs en ville.
Les vraies questions à se poser sont de savoir si les microbilles de plastique se retrouvent dans l'eau brute arrivant à l'usine de filtration, et si leurs substances chimiques, liant les microbilles, sont retenues par les procédés de traitement d'eau de la ville. Une eau bonne à boire à Granby est aussi une image de marque !
Luce S. Bérard
Granby