PKP: espoir d'un Québec plus fort

À la veille du déclenchement probable d'une élection par madame Marois, j'ai affirmé publiquement mon découragement de voir les trois principaux partis politiques québécois - quels qu'ils soient - «faire de la politique autrement». Ce désenchantement m'amenait même, pour la première fois de ma vie, à envisager très sérieusement de ne pas aller voter si un appel aux urnes était fait après seulement 18 mois de mandat. Pour moi, une campagne électorale générant une dépense de 80 millions $ était injustifiée non seulement par le contexte économique, mais aussi parce qu'un gouvernement ayant recueilli démocratiquement le plus grand nombre de sièges est un gouvernement légitime - fût-il minoritaire selon les règles de notre régime parlementaire.
Pour ces deux raisons, il m'apparaissait que de me rendre à un bureau de vote, même pour aller y annuler mon vote, était un geste citoyen qui aurait finalement encouragé les politiciens à continuer de se satisfaire de ce système électoral qui permet à l'opposition de défaire un gouvernement sous prétexte qu'il est cachotier, ou qu'il ne réalise pas tous ses engagements dès le lendemain de son élection, ou que ses politiques économiques ne donnent pas des résultats fabuleux alors que la planète entière peine à se relever d'une longue récession, ou que le niveau d'emploi n'a pas subi un bond miraculeux alors que l'ouverture de tous les marchés du monde et l'accélération des développements technologiques obligent la plupart des entreprises, chez nous comme ailleurs, à une redéfinition en profondeur.
Parce que les problèmes de société ne sont pas simples à régler et parce que les meilleures solutions viennent généralement de plusieurs têtes qui se concertent, je me disais que la survie d'un gouvernement minoritaire pendant toute la durée de son mandat légitime devrait reposer sur une collaboration de tous les partis politiques afin d'en arriver à des consensus faisant avancer les lois et règlements, et ce, même si tous les partis devraient alors mettre de l'eau dans le vin de leurs engagements électoraux. Je me disais aussi qu'un gouvernement minoritaire devrait, tout en ayant moins de latitude pour gouverner à sa guise, en profiter pour faire du ménage dans le fonctionnement de l'État, non pas uniquement pour sabrer dans ses dépenses, mais, surtout, pour que les citoyens reçoivent de meilleurs services à tous points de vue.
Je sais, c'est une façon bien idéaliste de voir les choses. Mais si on ne rêve pas, rien ne changera ou les changements seront beaucoup plus longs à devenir réalité. C'est pourquoi, depuis le déclenchement de la campagne électorale, je vis un dilemme quotidien: j'aimerais que mon abstention envoie un message à la classe politique. Force m'est toutefois de constater que les politiciens ne s'intéressent guère aux abstentionnistes ni aux raisons qui justifient leur choix.
L'annonce de la candidature de Pierre Karl Péladeau m'a secoué. Si son parcours de vie, sa combativité, son profil d'entrepreneur étaient soudain un espoir pour un Québec plus fort et plus rigoureux?
Daniel Faucher
Eastman