Pierre Horan
Pierre Horan

Pierre Horan, un homme de valeurs

LA VOIX DES LECTEURS / C’est avec chagrin que j’ai appris le décès de Pierre Horan, dont les funérailles seront célébrées le 8 août. J’ai eu la chance de le connaître au carrefour de différents réseaux dans lesquels il s’engageait. À cet égard, Pierre Horan n’était pas un homme des demi-mesures. Il offrait son temps dans un don entier de lui-même.  Pour lui, l’importance de l’engagement pour le bien commun le conduisait à défendre avec fougue ses valeurs.

Pierre s’est consacré sans cesse à une option de solidarité avec les personnes appauvries. Ses prises de position et ses interventions l’ont conduit à œuvrer tout autant sur les causes que les effets de l’appauvrissement et corolairement de la marginalisation sociale, voire ecclésiale. Il considérait que le soulagement de la misère n’était pas l’unique avenue, mais qu’il s’avérait tout aussi essentiel de lutter contre les facteurs structuraux engendrant la pauvreté. Je peux témoigner qu’il ne tergiversait nullement sur cette dimension. Sans complaisance, il interpellait l’élite économique et politique de tous les paliers de gouvernance. Son rêve consistait à ce que la société québécoise partage équitablement entre toutes et tous.

Son souci était fondé sur un attachement indéfectible à la justice sociale. Ses efforts en amont ne l’empêchaient pas de s’investir dans diverses opérations en aval pour soutenir les personnes appauvries. C’était touchant de le voir attentif aux personnes, peu importe leur statut. Avec elles et pour elles, il tentait d’éveiller les consciences afin de favoriser l’autonomisation des personnes appauvries.

L’éducation constitue un autre champ qui le préoccupait. Pour Pierre, aiguiser le sens critique, se renseigner auprès de sources fiables demeuraient centraux à titre d’enseignant. Il s’est fait le champion de l’adage «Un esprit sain dans un corps sain ». Ainsi, il dispensa l’enseignement de l’éducation physique pendant de nombreuses années. Il a toujours cherché à sensibiliser au caractère crucial d’atteindre un équilibre entre les activités intellectuelles et physiques. Pierre incitait constamment à acquérir un esprit critique dans tous les domaines.

Homme de foi, Pierre Horan, à titre de diacre permanent, soutenait les diverses communautés paroissiales. Il me racontait que, pour lui, le rôle primordial d’un diacre se définissait avant tout par sa responsabilité envers ce que le pape François désigne sous le terme de « périphérie » sociale. Autrement dit, le diaconat, pour lui, consistait à établir le pont entre les paroisses et les personnes appauvries de la société. Le diacre, selon monsieur Horan, détient un rôle de prophète : rappeler constamment aux membres des paroisses et des réseaux chrétiens les valeurs évangéliques de solidarité avec les personnes marginalisées. Il martelait, à juste titre, que la solidarité et la justice sociale sont constitutives intrinsèquement de la foi chrétienne.

En concluant, je ne peux que dire « Reposez en paix, Pierre ». Votre vie porte le témoignage que vous étiez un homme de valeurs. J’offre toutes mes condoléances à son épouse Claire  ainsi qu’à toute la famille et ami(e)s.

Patrice Perreault
Granby