Pénurie de main-d’œuvre

LA VOIX DES LECTEIRS / Aujourd’hui, en 2019, le Québec doit faire face à un enjeu important, celui de la pénurie de main-d’œuvre qui risque de durer jusqu’en 2030 selon les analystes économiques. Effectivement, même si le problème existe depuis quelques années déjà, c’est depuis le mois de janvier que les entreprises québécoises essayent d’arrache-pied à pourvoir quelques dizaines de milliers de postes dans plusieurs secteurs : l’éducation, la santé, l’ingénierie, la restauration et plus encore.

Cette problématique est particulièrement due à un taux de chômage très bas, qui se rapproche de plus en plus du plein emploi. En effet, il se situe actuellement entre 2,3 % et 4,9 % en fonction des régions. Ce sont les taux de chômage les plus bas enregistrés au Québec depuis 43 ans.

La principale raison du faible taux de chômage est le vieillissement de la population avec les baby-boomers. Effectivement, avec le vieillissement de la population québécoise, les personnes en âge de travailler, c’est-à-dire ceux qui ont entre 15 ans et 64 ans, sont à l’étape de la retraite, donc cela les amène à quitter leur emploi. 

C’est spécifiquement les petites et moyennes entreprises qui sont les plus menacés et par conséquent, l’économie québécoise. Puisque la rétention et la rémunération du personnel sont les deux principaux enjeux des PME et que la compétition ne cesse de grandir au sein de ces entreprises, les employeurs ont tendance à bonifier les salaires. Donc, les dépenses des petites et moyennes entreprises accordées à la rémunération gonflent de plus en plus. C’est ce qu’on appelle l’inflation salariale basée sur la loi de l’offre et de la demande. Effectivement, il y a une rareté de main-d’œuvre et c’est pour cette raison que les salaires tendent à croître. Dans ce cas-ci, les entreprises — notamment les PME, qui sont les moins bien établies — sont les plus à risque quant à l’inflation salariale. 

Toutefois, plusieurs employeurs ont décidé de miser sur des conditions de travail avantageuses outre l’augmentation salariale : une meilleure couverture d’assurance collective incluant les soins dentaires, une meilleure flexibilité des horaires afin de faciliter l’équilibre travail-famille, l’accès à des activités sportives sur les lieux de travail.    

Plusieurs solutions ont déjà été mises en place par le gouvernement provincial : investissements dans l’embauche, rétention du personnel, immigration, etc. Maintenant, tous doivent contribuer à empêcher que la problématique de la pénurie ne perdure trop longtemps et ralentisse ainsi la croissance économique du Québec.


Élodie Thériault

Étudiante au Cégep de Granby en sciences humaines, profil administration et économie