Parlez pour vous, Monsieur Baird...

Celui qui se présente comme notre ministre des Affaires étrangères du Canada est tout au plus le perroquet de son chef. Il affirme qu'il est injustifié de critiquer Israël. Les bons, nous les retrouvons en Israël et les méchants se retrouvent dans les territoires occupés de la Palestine. C'est écrit dans la Bible, dans un verset quelconque.
Toujours selon notre ministre des Affaires étrangères, il n'y a «aucune équivalence morale» entre une démocratie libérale comme l'État d'Israël et le Hamas, qu'il a qualifié d'organisation terroriste faisant «preuve d'un mépris flagrant pour la vie humaine».
Depuis la nuit des temps et plus particulièrement depuis le 14 mai 1948, le conflit juif-palestinien empoisonne cette région et est la source d'un conflit biblique et perpétuel.
Rappelons-nous que la proclamation des Nations unies prévoyait la création de deux États: un juif et un arabe (palestinien). Près de soixante-dix ans plus tard, la démocratie israélienne tant vantée par John Baird s'oppose toujours à cette proclamation. Qui plus est, les autorités d'Israël n'ont aucune gêne à boucler, envahir, bombarder et asphyxier les territoires palestiniens: c'est à moi, dit l'annonce à la télévision. Ces mêmes autorités font fi de toutes les résolutions de l'ONU, plus d'une centaine, concernant ce conflit. 
Les pays occidentaux, le Canada de monsieur Harper en particulier, alimentent ce conflit en se peinturant dans le coin d'Israël. Le Hamas est un groupe terroriste, la preuve n'est plus à faire. Mais prétendre que la démocratie israélienne est exemplaire est pour le moins loufoque. Aux extrémistes palestiniens, il y a autant d'extrémistes israéliens qui s'amusent à faire perdurer l'affrontement.
La responsabilité doit être partagée. Que l'État d'Israël vive en paix, c'est une réalité, qu'il y a un État palestinien, c'est aussi la même réalité. On ne réécrira pas une nouvelle version de la Bible et du Nouveau Testament pour plaire à Benjamin Netanyahou. De toute façon, lui et ses faucons n'en tiendraient pas compte. Un ancien président des É.-U. parlait d'États voyous. Il pointait plus particulièrement l'Iran, l'Irak, la Corée du Nord, le Pakistan, l'Afghanistan et la Libye. Pour George W. Bush, ces pays représentaient l'axe du mal. C'est le même président qui voyait des armes de destruction massive, ce qui justifia pour lui l'invasion de l'Irak en 2003. Quelques années auparavant, rappelons-nous que les États-Unis appuyaient l'Irak dans sa guerre contre l'Iran. Les États-Unis voyaient en Saddam Hussein un leader qui pouvait faire évoluer l'Irak vers la laïcité et le modernisme et surtout faire contrepoids à l'Iran.
En même temps, des commentateurs affirmaient qu'Israël vendait secrètement des armes antichars et des missiles sol-air à l'Iran. C'est le président de ce pays, quelques années plus tard, qui souhaitait la disparition de l'État juif. Bibi Netanyahou et Mahmoud Ahmadinejad, deux jokers de la scène internationale.
La France, durant cette guerre, était le second pourvoyeur d'armes de l'Irak et des entreprises d'Allemagne de l'Ouest fournirent de la technologie militaire à l'Irak pour l'aider à allonger la portée de ses missiles balistiques. Dans cette foire diplomatique et par son appui inconditionnel à Israël, le gouvernement de notre «canadian prime minister» a fait perdre toute la crédibilité du Canada sur la scène internationale.
Il ne sera pas considéré comme un grand premier ministre, mais n'eût été Jean Chrétien, le Canada se serait embourbé dans la guerre en Irak. Il n'était pas le plus diplomatique des politiciens, la langue de bois n'était pas sa marque de commerce. 
Bernard Fournelle
Granby