Me Ménard a rappelé que la RAMQ administre un budget de plus de 10 milliards de dollars. Mais que chaque année, « des centaines de millions de dollars ne sont pas dépensés correctement ». Pour l'avocat, la RAMQ doit notamment «mieux contrôler la rémunération des médecins».

Ottawa doit assumer ses responsabilités et arrêter les frais accessoires!

Notre alliance témoigne de la non-acceptation, de l'indignation et de la révolte qui émanent de la société civile concernant les frais accessoires en santé au Canada, et plus particulièrement au Québec, où ils ont force de loi.
En effet, au Québec, c'est connu et dénoncé, un nombre élevé de patients payent plus de 500$ en frais d'anesthésie pour une coloscopie ou encore 80$ en gouttes ophtalmiques dans le traitement de la dégénérescence maculaire.
Étrangement, le projet de loi 20 adopté au Québec au mois de novembre dernier légalise ces pratiques qui correspondent en tout point à la définition de la surfacturation pourtant interdite en vertu de la Loi canadienne sur la santé (LCS). Au Québec, les patients sont pris en otage.
L'urgence d'obtenir des soins, la gestion de la douleur ou encore l'inquiétude rendent les patients vulnérables et captifs d'un système qui les exploite. C'est donc par nécessité qu'ils paient de leur poche ces frais injustifiés, geste qu'il ne faut surtout pas confondre avec une certaine acceptation sociale. Il s'agit plutôt de résignation, de désillusion et de déception envers un gouvernement à la logique opportuniste et au verbe tendancieux.
La situation au Québec n'est qu'un avant-goût de ce qui peut survenir ailleurs au Canada si de telles pratiques sont endossées par les gouvernements, et ce, sans égard à la LCS.
Nous agissons pour que le Canada ne devienne pas un pays où la santé est un luxe accessible uniquement à ceux qui en ont les moyens. En cette matière, notre passé est garant de l'avenir. Mais quelle est donc la vision du gouvernement fédéral, qui a pourtant les moyens d'intervenir afin de protéger des milliers de patients Québécois? Le laisser-faire? Le sens de la loi indique autre chose. Rappelons ici les assises du contrat social que partagent les citoyens canadiens.
ART. 3 LCS: «La politique canadienne de la santé a pour premier objectif de protéger, de favoriser et d'améliorer le bien-être physique et mental des habitants du Canada et de faciliter un accès satisfaisant aux services de santé, sans obstacles d'ordre financier ou autre.»
Le gouvernement fédéral est interpellé et ne peut se tenir à l'écart du débat. C'est inacceptable. Il est de sa responsabilité d'assurer une surveillance adéquate auprès des provinces et de punir les contrevenants qui ne respectent pas les principes fondamentaux obligatoires de la LCS, en retenant les transferts en santé. Le recours en mandamus déposé hier témoigne de la détermination de la société civile à protéger les droits des patients canadiens.
Nous signons cette lettre afin de défendre l'intérêt public, les acquis sociaux et la justice.
Dre Isabelle Leblanc, présidente - MQRP
Me Paul Brunet, président - CPM
Lucie Levasseur, présidente - SCFP - Québec et vice-présidente générale - SCFP - Nationale
Dre Monika Dutt, présidente - Canadian Doctors for Medicare
Gail Ouellette, vice-présidente - Alliance des patients et présidente du RQMO
Jérôme DiGiovanni, président - Coalition priorité cancer
Pierre-Paul Côté, président - AREQ
Dr Hugo Viens, vice-président - conseil d'administration de l'AMQ
Simon-Pierre Landry, MD.CMFC-MU, co-porte-parole - ROME
Régine Laurent, présidente - FIQ
Judith Gagnon, présidente - AQDR
Jacques Benoît, coordonnateur - Coalition solidarité santé
Michael Butler, coordonnateur - National Health Care Campaigner Council of Canadians
Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialiste en défense des droits en santé, Ménard, Martin avocats
Marc-André Miranda, ex-directeur - Programme de santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux
Réjean Hébert, ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, des Aînés et de la Famille et ex-directeur du Programme de santé publique au MSSS
Louis Blouin, membre du Comité de lutte en santé de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles
Alexandra D'amours, agente de défense des droits - Ex aequo
Paul Lamarche, professeur honoraire - administration de la santé de l'Université de Montréal
Mercedez Roberge, coordonnatrice - Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires
Pauline Worsfold, infirmière immatriculée, présidente - Coalition canadienne de la santé
Rose-Mary Thonney, vice-présidente - AQRP
Pierre Joubert, ex-directeur de la recherche et de l'évaluation au MSSS et ex-directeur de la recherche, de la formation et du développement de l'INSPQ
Pierre Hurteau, porte-parole - RÉCUQ
Jules H. Sauvé, président - AAR, Marcel Lebel, 1er vice-président - conférence des Tables de concertation des aînés du Québec
Danis Prud'homme, directeur général - Réseau FADOQ