Au Québec, le premier ministre François Legault se réfère aux scientifiques de l’appareil étatique pour prendre des décisions difficiles, mais vitales pour la santé de ses concitoyens.

Ode à la société québécoise

LA VOIX DES LECTEURS / La crise de la COVID-19 est loin d’être terminée, mais on peut déjà conclure deux choses : il est rassurant d’habiter un État qui mise sur une fonction publique compétente et qui compte sur un service de santé universel. 

On n’a qu’à regarder au sud de chez nous, aux États-Unis, pour se rendre compte que notre société construite sur la sociale démocratie a un effet rassurant en ces temps incertains. 

Au Québec, le premier ministre se réfère aux scientifiques de l’appareil étatique pour prendre des décisions difficiles, mais vitales pour la santé de ses concitoyens. Des gens, malheureusement, ne passeront pas à travers. L’État québécois — ce n’est pas le cas du fédéral — aura cependant tout fait pour limiter le nombre de décès en déployant une grande gamme de services pour combattre le virus et aider les gens et les entreprises à traverser financièrement cette pandémie.

C’est moins rose au pays de M. Trump, où trop de dirigeants influents écartent la science dans leurs choix politiques. Là bas, dans la plus grande puissance mondiale, ils ont longtemps banalisé l’importance de la pandémie annoncée avant d’agir. C’est terrifiant lorsqu’on sait qu’une grande partie des services de santé aux USA dépend de compagnies d’assurance privées. Des dizaines de millions d’États-Uniens n’ont pas d’assurance. On n’ose imaginer combien d’entre eux mourront parce qu’ils ne recevront pas les soins médicaux appropriés. Difficile de comprendre que les politiciens de ce pays refusent obstinément de se doter d’un système de santé universel, comme le propose depuis des décennies le candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders. Trop « socialiste » comme politique, soutiennent-ils. Parmi ceux-ci, cela dit, plusieurs exigent du gouvernement fédéral des fonds d’aide de centaines de milliards de dollars pour secourir des multinationales touchées par les effets du coronavirus... En d’autres circonstances, on rirait de cette incroyable ironie.

Parfois, traverser de dures épreuves nous amène à réaliser toutes les bonnes choses qui nous entourent. Parmi celles-ci, tous ces gens bienveillants, parmi lesquels des médecins, des infirmières, des éducatrices en services de garde et des fonctionnaires, qui tiennent le fort au Québec. 

Cette crise de santé publique doit servir de rappel que notre société, quoiqu’imparfaite, s’inspire de principes d’équité et d’humanisme. Et notre fonction publique joue un rôle central dans cet environnement que nous nous sommes collectivement donné, n’en déplaise à ceux qui militent pour minimiser le rôle de l’État dans nos vies.


Michel Laliberté

Granby