La nouvelle signalisation à la traverse de l’Estriade sur la 112, qui oblige les cyclistes à descendre de leur vélo pour traverser afin d’obtenir la priorité, ne fait pas l’unanimité.
La nouvelle signalisation à la traverse de l’Estriade sur la 112, qui oblige les cyclistes à descendre de leur vélo pour traverser afin d’obtenir la priorité, ne fait pas l’unanimité.

Nouvelle signalisation à la traverse de l’Estriade sur la 112 : cela ne fait pas l’unanimité

LA VOIX DES LECTEURS / Que font ces « touristes-cyclistes » lorsqu’ils arrivent aux autres traverses tout le long du parcours de Granby à Waterloo ? Confusion, confusion !

Et pour les cyclistes ET pour les automobilistes. Je suis une cycliste expérimentée et également une automobiliste avisée, mais je ne peux absolument pas comprendre cette nouvelle consigne. Pourquoi mettre un arrêt obligatoire aux automobilistes sur ce qu’on appelle une route provinciale ou le trafic est ultra intense (7500 voitures par jour sur ce tronçon selon un autre article de La Voix de l’Est) ? Ne serait-ce pas davantage une éducation aux cyclistes ? Un code de conduite 101 pour les utilisateurs de la piste cyclable, pour petits, et grands, et vieux… ? Ce serait fort utile à plusieurs niveaux d’utilisation d’une piste cyclable à partir des aberrances que je constate quotidiennement de la part des utilisateurs néophytes… Anarchie totale, croyez-moi !

Il est à souhaiter que notre bon député, aussi ministre des Transports, puisse mettre l’accélérateur sur le fameux projet de passerelle soumis au MTQ depuis une dizaine d’années...

Un bon STOP très visible, peint directement sur la piste cyclable comme ils ont fait à la hauteur de Bromont... une belle option ? Et que le cycliste doive patienter quelques secondes avant de traverser, comme fait un piéton avant de traverser une rue ? Possible ! En tant qu’utilisateur, j’ai rarement attendu une minute complète avant de traverser cette artère...

C’est mon humble opinion, mais également l’opinion de bien des gens que je côtoie.

En espérant qu’en s’exprimant on puisse faire avancer les choses.

Louise Girouard, usager des pistes cyclables au Québec et ailleurs

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Je passe régulièrement à l’intersection de l’Estriade et de la 112 en voiture. C’est une bonne chose que la signalisation soit améliorée et la limite de vitesse réduite, mais l’obligation de descendre du vélo m’apparaît exagérée.

Mon expérience, en tant que cycliste, est que descendre de son vélo cause de la frustration pour tout le monde. Il m’est arrivé de traverser à vélo à l’intersection de St-Charles et d’être descendu de ma monture pour traverser tel que prescrit. Un automobiliste m’a insulté, car il qui trouvait que je ralentissais la circulation alors que d’autres cyclistes passaient en roulant.

Un arrêt obligatoire pour les cyclistes serait amplement suffisant. Mettre le pied à terre, regarder des deux côtés et ensuite s’engager lorsque la voie est libre. Ceux qui ont écrit le règlement qui oblige de descendre du vélo n’ont visiblement jamais fait de vélo actif, soit autre chose que la petite promenade du dimanche. J’aime me déplacer en ville pour faire mes achats et aller à la bibliothèque. Merci à la ville de Granby de continuer le développement du réseau cyclable.

Simon Gauvin, Granby

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Depuis la réduction de la vitesse à 50 kilomètres à l’heure, il est possible de mieux saisir le sens des messages apparaissant sur les panneaux électroniques d’affichage, lesquels, changeant à plusieurs reprises, engendraient doutes et confusion. Le message clair est donc maintenant celui-ci : « Priorité aux piétons... à la traverse ».

Hier, je me suis arrêté voyant des cyclistes en attente à côté de leur bicyclette (comme la signalisation leur demande). Suivant mon arrêt, ils ont donc traversé à pied. Mais d’autres cyclistes, voyant que des piétons à côté de leur bicyclette traversaient la 112, ont profité de l’aubaine pour traverser sans descendre de leur bicyclette. Le phénomène doit être courant et est susceptible de créer de l’ambiguïté et de la frustration, car moi-même, tolérant de nature, j’ai sorti ma main par la fenêtre en faisant signe à ces trois délinquants qu’ils devaient traverser à pied à cet endroit. Évidemment, ils n’ont pas vu mon geste, occupé à se faufiler à la sauvette.

Bref, la situation n’est pas idéale. Parce qu’à la base, pour avoir droit de priorité, on demande aux cyclistes de se transformer en piétons, puisqu’il semble que ce genre de traverses, qu’on voit régulièrement en ville, sont reconnues pour être réservées aux piétons. Peut-être faut-il décrocher de ce réflexe et ne voir sur une route comme la 112, une route provinciale, une simple traverse pour les cyclistes, piétons, planchistes et patineurs sur roues, et qu’en conséquence le message apparaissant sur les panneaux électroniques devrait être simplement celui-ci : « Bientôt la traverse. Priorité à ses usagers ».

Ce qui fait qu’à 50 km/h, il est heureusement possible de voir si quelqu’un s’approche de la traverse et de s’arrêter pour laisser passer. Ce n’est peut-être pas parfait, mais il me semble que ce serait plus clair pour tout le monde.

Denis Forcier, automobiliste croisant l’intersection quotidiennement

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Je trouve que c’est plus dangereux qu’auparavant. Hésitations des automobilistes, certains réagissent à la dernière seconde ce qui provoque des arrêts brusques et augmentent les risques de collisions.

En ce qui concerne une certaine catégorie de cyclistes qui ne respectent déjà pas le code de la sécurité routière, croyez-vous sincèrement qu’ils vont prendre le temps de se déclipser pour descendre et traverser à côté de leur vélo ?

Il faudrait que les gens agissent avec les cyclistes, comme avec les motoneigistes l’hiver. Les panneaux indiquant qu’il y a une traverse de motoneiges sont là pour nous prévenir, mais nous savons que l’arrêt n’est pas obligatoire. Vigilance et prudence sont de mises.

Michel Dufresne, Waterloo

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Depuis que la piste cyclable existe, mon mari et moi l’empruntons à partir du parc Daniel-Johnson vers Waterloo. Nous traversons donc le chemin Ostiguy, la 112, Robitaille, Coupland, etc. À chaque intersection s’il y a des autos, il en va de notre sécurité d’arrêter et de traverser lorsque c’est sécuritaire et s’il n’y a pas d’auto ou que nous avons le temps de traverser et bien nous traversons et nous n’avons jamais eu de problème. Mais maintenant qu’ils ont changé la signalisation, tout est devenu compliqué et dangereux.

Mardi, lorsque nous revenions vers Granby, à l’intersection de la 112, il y avait une auto qui se dirigeait vers Waterloo. L’auto a ralenti, nous laissant croire qu’elle était pour s’arrêter. Nous sommes descendus de notre vélo et comme nous nous engagions sur la route à pied avec notre vélo à côté, le véhicule ne s’est pas arrêté. Mon mari lui a fait signe, mais il a continué sa route.

Lorsque nous sommes à pied sur la 112, quelle est la protection que nous avons contre les personnes qui ne s’arrêtent pas ou qui conduisent en textant, en étant sous l’effet de la drogue, de l’alcool ou tout simplement contre une distraction ? Et bien, nous n’en avons aucune, il n’y a rien qui nous protège.

Lorsque l’on lit dans La Voix de l’Est qu’il y a eu deux fillettes qui ont été gravement blessées lorsque la voiture dans laquelle elles voyageaient a été emboutie par un autre véhicule sur la 112, dimanche soir, et que le conducteur responsable de la collision a été arrêté pour conduite dangereuse causant des lésions, et bien moi avec ce que j’ai vécu mardi, je dois dire que nous avons eu peur et que nous sommes en colère contre cette nouvelle signalisation. Je crois que cette nouvelle signalisation est là pour remplir les coffres de la ville en contravention, mais sûrement pas pour la protection des cyclistes.

Lucie Dubois

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Je fais du vélo au moins trois fois par semaine, et ce, depuis fort longtemps et je n’ai jamais eu de problème à traverser la 112. Ce n’est pas compliqué, s’il y a des autos nous attendons avant de traverser, mais s’il y en a pas, je traverse. Il me semble que c’est l’évidence même.

La semaine passée comme j’étais pour traverser à côté de mon vélo et que j’étais bien voyant, une auto ne s’est pas arrêtée et elle a seulement ralenti. Heureusement que je ne lui ai pas fait confiance, car je me serais fait frapper. Il y a deux enfants qui ont été blessés par un chauffard dimanche sur la 112... combien de flagman ont été blessés sur les chantiers parce qu’ils étaient sur la route ?

Et là, ils veulent que nous traversions à cette intersection à pied en faisant suivre notre vélo... voyons donc c’est de la folie, nous n’avons aucune protection.

Vais-je mettre ma vie entre les mains des autres ? Bien sûr que non !

Nous sommes bien assez réglementés comme ça, nous n’avons pas besoin de ça et les automobilistes n’ont pas besoin d’avoir une autre trappe à ticket.

Gardons le statu quo !

Mario Desroches

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J’ai été victime d’un cycliste sans jugement et sans respect pour le Code de la route. Le cycliste a garroché son vélo sur ma voiture, devant sa famille et plusieurs cyclistes (bel exemple à donner à ses enfants et petits-enfants), prétextant que je devais m’immobiliser lorsqu’un vélo passe à l’intersection de la route 112 et de la rue Denison Est. Résultat : mon véhicule a été endommagé pour 3700 $. Le cycliste s’est excusé long comme le bras de peur que je porte plainte au criminel pour assaut avec toutes les conséquences que cela implique. J’aurais pu et j’aurais été dans mon droit de le faire, mais au lieu de cela j’ai demandé aux policiers qui sont intervenus dans cette attaque gratuite de faire de la sensibilisation auprès des cyclistes sur les règles à suivre lorsque nous pratiquons un sport, un loisir censé nous apporter la détente.

Lorsque nous apprenons à un enfant à se promener dans les rues de son quartier, nous lui apprenons à être prudent et à regarder si un danger pourrait être présent avant de s’engager sur la voie publique. Est-ce que nous avons oublié les consignes de nos parents ? Je suis pour le partage de la route, mais que tous respectent les règles du jeu.

Francine Langlois

- Propos recueillis par Nicolas Bourcier