J'estime que le gouvernement fédéral actuel commet une grave erreur envers notre population en présentant son projet de loi afin de légaliser le cannabis.

Non merci à la légalisation du cannabis

L'éventualité de l'adoption prochaine d'une loi fédérale qui légalisera le cannabis suscite une interrogation bien légitime, il me semble : quel est au juste le rôle de l'État ? Ne devrait-il pas consister à protéger la santé des individus et des dérives potentielles résultant de mauvaises habitudes ? J'estime que le gouvernement fédéral actuel commet une grave erreur envers notre population en présentant son projet de loi afin de légaliser le cannabis.
Alors que depuis plus d'une décennie, tous les gouvernements confondus ont combattu le tabagisme à coup de millions de dollars par des publicités dissuasives et en instaurant une police du tabac, n'y aurait-il pas une flagrante contradiction dans la présente approche gouvernementale en voulant légaliser le cannabis ? L'expérience a démontré plus d'une fois en ce domaine l'existence d'un phénomène d'escalade destructrice.
Je sais qu'il ne s'agit pas du même enjeu, mais il aurait été beaucoup plus préférable pour le gouvernement actuel de s'engager comme jamais auparavant à traquer jour et nuit les fabricants et les revendeurs de drogues de la famille des opioïdes tel que le Fentanyl, qui a provoqué au Canada seulement plus de 1800 morts en 2016, et cela sans compter les dommages collatéraux auprès des personnes touchées par cette problématique.
Reconnaissons-le, les organisations criminelles et les trafiquants qui alimentent ce marché n'ont en tête que l'appât du gain et sont totalement indifférents aux ravages sans précédent qu'ils engendrent auprès de milliers de personnes vulnérables qui se sont laissé entraîner dans cette spirale infernale des bonheurs illusoires. J'espère que le dépôt de cette loi sur le cannabis puisse faire prendre conscience au peuple une fois de plus que ce n'est pas parce qu'une chose est légale que cela est pour autant éthique ou encore bien pour l'être humain. Si notre société de droit se fonde sur des lois, celles-ci cependant n'ont pas tous les droits. Ainsi, je n'hésite pas à dire avec conviction :
NON MERCI aux lois qui créent des dépendances et altèrent l'esprit. NON MERCI aux lois qui ont un effet destructeur dans nos relations mutuelles. NON MERCI­ aux lois qui ne prennent pas soin de la dignité de l'être humain dans son intégralité. Avec un projet de loi comme celui qui légalisera le cannabis, il faudra apprendre impérativement à nos jeunes à dire avec fermeté : NON MERCI.
Claude Lamoureux, prêtre
Granby