Ne faut-il pas «déraciser» au plus haut niveau?

LA VOIX DES LECTEURS / Depuis la mort de Georges Floyd, le Québec n’a pas échappé, comme plusieurs sociétés occidentales, à l’accusation de pratiquer un « racisme systémique » en particulier dans la police. Cette accusation, bien que légitime, parce que des rapports officiels l’attestent, a malheureusement tendance à dégénérer et à faire des Québécois des « racisants(es) » chroniques et discriminants à l’égard de toute personne différente par sa couleur de peau ou son origine, voire son sexe ou sa condition sociale.

Pour un peuple qui a connu pendant des siècles le « Speak White » pour finalement s’en libérer avec la loi 101 le 26 août 1977, c’est une accusation douloureuse, voire injuste.

Pour éviter que de telles accusations ne dégénèrent et suscitent des conflits sociaux dont on n’a pas envie en cette période angoissante de pandémie, je propose que le gouvernement du Québec nous dote d’une nouvelle loi 101 libératrice, en l’occurrence, d’une Constitution nationale visant, entre autres, à « déraciser » tout son peuple tout en l’unifiant.

Bien modestement, j’en propose ici le nécessaire préambule, lequel, j’espère, s’il est publié, pourra devenir l’outil supplémentaire, et peut-être même le plus important, pour, à terme, une plus grande égalité et justice à l’égard de nous tous, ici au Québec, devenant de ce fait un exemple en terre d’Amérique.

Personnellement, je dis donc vivement une Constitution nationale! Pour porter au niveau juridique le plus élevé, à la fois la conscience éthique de nos problèmes de discrimination, mais surtout l’exigence de chercher à leurs endroits, en permanence, les solutions justes et raisonnables, et ce, pour, encore une fois, enrichir notre histoire collective.

Préambule, déclaration d’identité du peuple québécois

Depuis près de 500 ans, à force d’espérance et de persévérance, le Québec s’est imposé au monde, non seulement comme une terre de paix et d’accueil, mais aussi de créativité et de productivité.

Maintenant, ses premiers (Autochtones), ses anciens (Anglos et Francos) et ses nouveaux habitants (ici depuis hier et avant-hier...) s’unissent par cette Constitution nationale, aujourd’hui et pour demain, afin de développer et faire fructifier cet héritage.

Dans leur coeur et leur vie, c’est cette terre et la langue française qui les lient tous et toutes, et les lieront toujours.

Ces gens du pays, de toutes les origines et couleurs, mais sans référence aucune à la race, de toutes les religions et de tous les sexes, en toute égalité de droits et d’opportunités, et cela, de façon distincte sur ce continent de verdure et encore un peu de glace qu’ils protègent par des efforts écologiques soutenus et l’hydro-électricité, laquelle est leur grande fierté.

Et par-dessus tout, c’est la liberté qui nourrit leurs actions, la fidélité, leurs souvenirs, le partage et leur avenir.

Ce trésor de valeurs communes, auquel s’ajoute la richesse de leurs valeurs fondamentales contenues dans leur Charte des droits et libertés de la personne, en particulier, l’égalité de l’homme et de la femme LGBTQ+, la laïcité à leur manière et la neutralité de l’État, oblige ce peuple du Québec à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent sa singularité au Canada et en Amérique du Nord, c’est-à-dire, ceux d’une nation souveraine, et ce, quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse !

Ces pouvoirs sont ceux qui permettent une pleine indépendance et une exclusive juridiction dans le domaine de la langue, de la culture/information, de l’immigration et de l’environnement. En conséquence, la Constitution nationale du Québec, et aussi, à titre d’ancrage de respect et de dignité pour les francophones de tout le Canada et de l’Amérique, est de plein droit, et en toute justice pour notre histoire, intégrée à la Constitution canadienne (1), et ce, en toute équité quant aux conséquences financières et/ou économiques.

Pour contrer efficacement le racisme, les caméras corporelles et/ou les CV anonymes et autres mesures techniques préventives sont peut-être utiles dans l’immédiat, mais certainement pas de nature à favoriser et à assurer efficacement, à moyen et long terme, une nouvelle culture de respect profondément enracinée afin, qu’enfin tous les Québécois et Québécoises soient également protégés(es) dans leur dignité de personnes humaines parce qu’ils sont d’un même peuple. Donc, encore une fois : Vivement une Constitution nationale pour le Québec !

(1) Une fois cette Constitution nationale adoptée, une offre formelle en ce sens devra être faite au fédéral et aux Canadiens par le gouvernement du Québec, et ce, le plus rapidement possible.

Denis Forcier

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