Nationalisme et fascisme

LA VOIX DES LECTEURS/ Un grand nombre de pays occupés majoritairement par des populations d’ascendance chrétienne blanche s’alimentent avidement aux idées nationalistes fascistes. Convaincues de leur suprématie, ces populations européennes et nord-américaines appuient de plus en plus des partis populistes de droite qui exploitent allègrement les discours déshumanisants.

Ces partis veulent faire croire que le « nationalisme identitaire » est incompatible avec les diversités ethniques, culturelles ou religieuses. Fidèle à cette vision, ce nationalisme identitaire devient une valeur absolue qui permet de fouler aux pieds les chartes des droits et libertés onusiennes canadiennes et québécoises. Toutes les avancées de la démocratie moderne dans lesquelles on retrouve non seulement la liberté d’expression et d’association, mais aussi les droits humains reconnus comme la base de notre système démocratique de justice, sont méprisées. Très méprisées. La loi sur la laïcité est un exemple de ce comportement fasciste. En incluant une dérogation qui empêche la loi d’être contestée devant les tribunaux, le gouvernement imite ce qui se fait déjà dans les républiques de bananes et les dictatures islamiques. 

Il faut remarquer que cette loi parle de laïcité dans les deux premiers articles, le restant de la loi devient un réquisitoire anti-laïcité. Le débat auquel on fait référence depuis 11 ans n’a jamais porté sur la laïcité, mais sur le mépris de la religion et sur celui des croyants de religions non chrétiennes portant des signes religieux ostentatoires.  Or, la laïcité est un contrat social qui vise essentiellement le vivre ensemble harmonieux, loin de toute discrimination, exclusion et ségrégation en lien avec les croyances et les pratiques religieuses. Apparemment, le peuple québécois ne veut plus de cette laïcité. Avec la loi 21, le vivre ensemble harmonieux ne reposera plus sur l’unité dans la diversité, mais sur l’uniformité des apparences. Voilà le nouveau caractère distinct de la société québécoise. Voilà la nouvelle valeur bien québécoise. Tout le monde le fait, fais-le donc !

Autant les réseaux sociaux que certains chroniqueurs ont ardemment joué la carte de la déshumanisation. Nous savons que celle-ci est radicalement fondée sur la calomnie, l’ignorance, les préjugés, les mensonges. Une fois ces propos semés à tout vent, ils contaminent la population et deviennent extrêmement difficiles à contrer. C’est pourquoi, avant d’adopter une loi qui légalise la discrimination, l’exclusion et la ségrégation, il est important de la justifier et la meilleure façon de le faire consiste à défigurer les personnes visées. Les affirmations gratuites et sans preuve permettent de présenter ces gens comme des dangers publics : c’est ainsi que l’on crée un climat de peur ridicule et irrationnel.  Les femmes voilées ne sont pas vues comme des mères de familles québécoises scolarisées et engagées socialement, mais comme des agentes doubles au service des djihadistes fanatiques. Voilà le triste visage de la déshumanisation présente au Québec depuis 11 ans. Toutes les discriminations à travers l’Histoire humaine ont toujours suivi la même recette depuis des millénaires. Les Québécois ne constituent pas une société si distincte que cela !

L’Éducation au vivre ensemble respectueux des droits humains et de la diversité est un enjeu planétaire perpétuel. Les reculs sociaux ont toujours été des tremplins permettant à l’humanité de faire de grands pas en avant. C’est suite aux 15 ans du gouvernement populiste de l’Union nationale que le Québec a pu vivre la Révolution tranquille. Ne désespérons pas, la CAQ passera. 

André Beauregard

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