Mourir de l'Alzheimer

Ma petite maman est décédée de la maladie d'Alzheimer. Quel long combat lorsque c'est l'unique maladie qui envahit ton corps. Pas de diabète, pas de cholestérol, pas de cancer, pas de problème de reins, ni de poumons et ni de coeur.
Mourir de cette maladie est une déchéance atroce, une agonie jusqu'à ton dernier souffle. Aucun médicament pour t'aider à quitter notre monde, sauf une médication qui calme le mal-être en toi, mais toi, tu ne sais pas ce qui se passe.
Tu as soif, mais tu n'es plus capable d'avaler, seulement l'éponge pour les soins de bouche, au mourant, te permet de téter jusqu'à la dernière goutte. Maman avait soif, mais seulement ce soin lui permettait un peu, très peu de soulagement.
Mourir jusqu'à ce que ton dernier souffle arrive, par la fatigue et la déshydratation, à te rendre à l'état squelettique. C'est affreux et inhumain, on ne laisse pas son animal domestique mourir de cette façon, on lui donne l'euthanasie. La médecine ne peut permettre à l'humain cette fin de vie, ho ! que non.
Lorsque ta dernière dignité est de marcher et que tu n'en es plus capable, que les chutes se succèdent de jour en jour, lorsque tu ne peux plus manger ou boire, que reste-t-il ?
Certes, il y a une médication administrée, qui te rend totalement inactif, qui peut durer quelques jours, voir quelques semaines jusqu'à la mort.
Le gouvernement et même l'église devraient revoir l'aide médicale à mourir pour la maladie d'Alzheimer, car dans cette maladie les fonctions cognitives que tu perds petit à petit tu ne les retrouveras­ jamais.
Il est très difficile de voir un être cher mourir de cette façon, personne ne doit quitter la vie sur terre de cette façon aussi agonisante. N'est-il pas plus humain de mourir avec l'aide médicale à mourir que le cancéreux a le droit de demander, plutôt que de vivre cette déchéance atroce ?
Lyette Scott
fille de Jeannette Simoneau Scott, décédée le 20 mai dernier