Martine Ouellet

Martine Ouellet à la tête du nouveau PQ ?

LA VOIX DES LECTEURS / Pour l’instant, la seule indépendantiste connue, convaincue et cohérente, c’est Martine Ouellet. Le Parti québécois l’a rejetée à deux reprises comme chef potentiel. Le Bloc l’a aussi rejetée comme dirigeante à cause de sa ferveur indépendantiste trop intense.

Ce faisant, ces deux partis excluaient le projet d’indépendance à titre de priorité nationale. En fin de semaine dernière, les 9 et 10 novembre, en congrès extraordinaire, le PQ a effectué un virage à 180 degrés. Dorénavant, il se consacrera à « la fondation d’un pays et non pas sur la gestion ordinaire d’une province », donnant ainsi, finalement, raison à Martine Ouellet. Mais sera-t-il conséquent et l’invitera-t-il à revenir ?

Il serait souhaitable qu’un certain nombre de députés l’invitent prochainement et qu’ils souhaitent même son couronnement à chefferie afin que le PQ prouve rapidement à l’opinion publique que sa refondation de la fin de semaine dernière n’équivaut pas qu’à retracer, encore une fois, une nouvelle ligne politique dans le sable. 

Si cette invitation lui est faite et qu’elle l’accepte, elle devra cependant prendre en compte la résolution adoptée en plénière dimanche comme stratégie devant mener à l’indépendance soit de « prendre chacune de nos décisions de façon à nous rapprocher de ce but ultime » et ainsi « rassembler tous les indépendantistes ». 

Il faudrait donc qu’elle abandonne l’idée qu’on lui connaît de tenir, coûte que coûte, un référendum dans le premier mandat suivant l’élection du Parti québécois. Et elle pourrait le faire en annonçant d’entrée de jeu qu’elle solidifiera plutôt cette refondation en la replaçant sur sa base historique, c’est-à-dire à la création du Parti québécois par René Lévesque, en 1968, et son rêve d’une souveraineté-association.

Et que pour ce faire, le Parti québécois proposera le plus rapidement possible à l’Assemblée nationale une motion offrant de signer la Constitution de 1982 à condition que les Canadiens acceptent qu’il y soit inscrite une Déclaration d’identité du peuple québécois explicite (les députés ont entre leurs mains ma proposition en ce sens...) comprenant la mention de pouvoirs souverains additionnels en matière de langue, de culture/information, d’immigration et d’environnement ? 

Une motion que ne saurait refuser le gouvernement nationaliste de la CAQ. 

C’est une approche qui rejoindrait beaucoup d’indépendantistes pas pressés, dont je suis, mais aussi beaucoup de Québécois. Surtout si elle était faite de bonne foi à la Lévesque avec sa vision généreuse du beau risque à l’égard du Canada qu’on lui connaît. 

Ainsi, peu importe la réponse, mais demandée avant 2022, l’histoire revivrait et toutes les générations seraient concernées et intéressées par les suites à cette réponse, soit une nouvelle Union Québec-Canada. Un beau défi, ou l’indépendance, un point final. 


Denis Forcier

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