M. Bonnardel, arrêtez de prôner la mort de la commission scolaire du Val-des Cerfs

M. Bonnardel,
Permettez-moi de soulever plusieurs incohérences dans vos propositions pour améliorer les services aux élèves.
Quand vous défendez votre bilan, vous affirmez fièrement avoir contribué à l'obtention par la commission scolaire du Val-des-Cerfs de deux nouvelles écoles primaires à Granby. Implicitement, vous reconnaissez que notre commission a fait du bon travail pour justifier ses besoins et réussir à faire prioriser ses demandes. Or, vous dites aussi que Val-des-Cerfs doit être abolie. Ça manque de cohérence.
Personnellement, je suis convaincu qu'une commission scolaire avec ses élus locaux et ses dirigeants sur place sera toujours plus apte à défendre ses besoins que des fonctionnaires travaillant dans un organisme supra régional.
Vous faites fausse route, M. Bonnardel, quand vous prétendez que des services administratifs pourraient être effectués tout aussi bien par cette hypothétique instance supra régionale. La réorganisation des secteurs scolaires, par exemple, est une opération nécessaire, mais très délicate. Elle ne peut être réalisée adéquatement que par une instance locale qui connaît bien les particularités de sa communauté.
Vous ne connaissez pas le quotidien des écoles, M. Bonnardel, quand vous déclarez que le personnel des écoles sera d'accord à se voir confier de nouvelles responsabilités. Les directeurs d'école ont déjà beaucoup de dossiers administratifs et manquent de temps pour bien assurer le développement pédagogique.
M. Bonnardel, vous connaissez mal la situation des professionnels en éducation quand vous argumentez que les économies réalisées par l'abolition des commissions scolaires serviront à l'ajout de ceux-ci dans les écoles. Sachez que nos écoles ont surtout besoin d'orthophonistes et de psychologues. Or, dans ces deux disciplines, des postes réguliers ou de remplacement sont souvent vacants faute de personnel disponible. À quoi bon créer de nouveaux postes si les diplômés qui choisissent de travailler au scolaire ne suffisent pas à combler les postes actuels?
Dans les 25 dernières années, notre milieu scolaire a traversé la fusion du primaire et du secondaire en 1988 (Commission scolaire des Cantons), puis la fusion avec Cowansville et Farnham en 1998 (Commission scolaire du Val-des-Cerfs) sans oublier la réforme scolaire des années 90. M. Bonnardel, laissez au milieu scolaire une période de stabilité administrative et pédagogique bien méritée.
Le système scolaire doit plutôt réviser ses pratiques pour éviter les dédoublements, simplifier ses processus administratifs et revoir l'organisation des services en reconfigurant les rôles et responsabilités du réseau scolaire et du Ministère. Nous devons poursuivre la lutte au décrochage scolaire et valoriser la formation professionnelle. Enfin, il faut mettre en valeur la profession enseignante.
J'imagine que vous êtes en accord avec mes six suggestions.
Sachez, M. Bonnardel, qu'elles sont tirées de la plate-forme du Parti québécois.
Jean Cadieux
Directeur d'école retraité, Granby