Selon Michel Laliberté, la décision du CIUSSS de l’Estrie d’ouvrir un centre de dépistage de la COVID-19 à Bromont plutôt qu’à Granby «est une démonstration fort éloquente de la déconnexion des dirigeants de cette méga-institution».
Selon Michel Laliberté, la décision du CIUSSS de l’Estrie d’ouvrir un centre de dépistage de la COVID-19 à Bromont plutôt qu’à Granby «est une démonstration fort éloquente de la déconnexion des dirigeants de cette méga-institution».

Loin des yeux…

LA VOIX DES LECTEURS / Les grandes organisations publiques sont rarement des exemples d’efficacité. La décision du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS de l’Estrie) d’ouvrir un centre de dépistage de la COVID-19 à Bromont plutôt qu’à Granby est une démonstration fort éloquente de la déconnexion des dirigeants de cette méga-institution.

Comment diable cette institution gouvernementale, responsable d’organiser les services de santé dans l’ensemble de la région, a-t-elle pu oublier Granby dans ses plans? On parle quand même d’une ville-centre de 70 000 habitants !

Tant mieux si la ville de Bromont accueille un tel service chez elle. La crise actuelle exige que le réseau de la santé déploie tous les efforts et les moyens pour limiter la propagation de ce fichu virus. On s’étonne toutefois que le centre n’ouvre qu’à 11 h et que les gens, dont certains sont là avec leurs jeunes enfants, doivent faire la file pendant 4, 5 heures avant de passer le test. À attendre dehors par des journées pluvieuses et froides comme on a vécu cette semaine !

Le portrait organisationnel des services et des installations est aux antipodes à Sherbrooke, là où, coïncidence, le siège social du CIUSSS de l’Estrie se trouve. Le Centre Murray, qui abrite les bureaux administratifs du CIUSSS, a vu son aile réservée aux prélèvements être transformée en centre de dépistage de la COVID-19. Et personne n’attend dehors ! Là-bas, on vit au 21e siècle : des préposés accueillent les citoyens, les inscrivent, prennent en note leur numéro de cellulaire et les appellent une dizaine de minutes à l’avance pour leur dire que c’est à leur tour. Les gens peuvent donc attendre confortablement dans leur automobile. Notons que le centre ouvre à 7 h, 4 h plus tôt qu’à Bromont…

Je comprends qu’on ne peut ouvrir rapidement un centre de dépistage. Ça exige de la planification, du personnel et des installations. Les patrons du CIUSSS pourraient-ils au moins adoucir l’attente des gens qui se pointent au centre de dépistage de Bromont en offrant un service de préinscription sur place, ce qui permettrait aux gens de ne pas poireauter dehors de longues heures pour conserver leur place? Aux dernières nouvelles, les gens de la région Granby-Bromont, à l’instar de ceux de Sherbrooke, possèdent des téléphones cellulaires !

Les dirigeants du CIUSSS ont annoncé cette semaine qu’ils allaient ouvrir un centre de dépistage à Granby… à la fin du mois d’octobre. Pourtant, dès mai des spécialistes parlaient d’une deuxième vague à prévoir à la fin de l’été. Qu’ont fait les patrons du CIUSSS de l’Estrie pendant tout ce temps ? Ils ont planifié la deuxième vague… pour leur propre cour arrière.

Cette semaine, le CIUSSS de l’Estrie a ouvert un deuxième centre de dépistage à Sherbrooke pour faire face à la recrudescence du nombre de personnes infectées en louant les anciens locaux du magasin Costco sur la rue King Ouest. Le centre accueille des patients en attente d’une opération (qui doivent auparavant subir un test de dépistage de la COVID-19). Toutefois, il est aussi possible aux citoyens de prendre rendez-vous à l’avance pour subir un test. Ils peuvent donc se pointer à l’heure indiquée.

Granby et les municipalités voisines se trouvent malheureusement aux confins de l’Estrie. Loin du cœur et des yeux des dirigeants du CIUSSS de l’Estrie. Dans cette organisation, on semble peu se soucier de l’équité entre les municipalités de leur territoire. Il est également clair que personne ne nous représente à la table où les décisions se prennent. La résultante est qu’on est traités comme des citoyens de deuxième classe.

C’est ce que donne la centralisation des pouvoirs : une disparité dans la qualité des services offerts et de leur accessibilité selon l’endroit où vous habitez.

On doit être fiers de tous ces professionnel-les qui œuvrent dans les centres de dépistage, nos hôpitaux, CHSLD et CLSC à s’occuper de notre santé. Ils font un travail remarquable ! Dommage que les administrateurs du CIUSSS de l’Estrie ne se montrent pas à la hauteur de nos attentes.

Michel Laliberté
Granby